Il a fallu plus de quarante-huit heures après la fouille du ministre de la Communication à l’aéroport d’Orly pour que le Quai d’Orsay sorte de son silence.
Dans une brève déclaration, le ministère des Affaires étrangères français a estimé que la fouille samedi à l’aéroport parisien d’Orly du ministre algérien de la Communication est un incident particulièrement regrettable et les autorités françaises travaillent pour qu’un tel événement ne se reproduise plus ».
« Nous sommes attachés à faciliter les démarches et déplacements en France des hautes personnalités étrangères. Nous travaillons avec le ministère de l’Intérieur et la direction du groupe Aéroports de Paris pour que ce type d’incident particulièrement regrettable ne se reproduise plus », a déclaré lors d’un point de presse le porte-parole du ministère, Romain Nadal.
Pour autant, le ministère français ne présente ni excuses (comme avec le Maroc) ni les raisons fondamentales qui ont amené les douaniers à passer à la fouille Hamid Grine.
Le ministère algérien des Affaires étrangères avait annoncé dimanche en fin d’après midi, avoir convoqué l’ambassadeur de France à Alger, Bernard Emié, pour protester contre le traitement inacceptable dont a fait l’objet samedi le ministre Hamid Grine, détenteur d’un passeport diplomatique.
Ce n’est pas la première fois qu’un ministre du gouvernement Sellal est passé à la fouille aux postes frontières français. Deux cas similaires ont été enregistrés par le passé, concernant Abdeslam Bouchouareb (Industrie) et Abdelmadjid Tebboune (Habitat), mais le Quai d’Orsay n’évoque pas lundi dans sa réponse ces éventuels précédents.
Le quotidien Liberté évoque une fouille intrigante du ministre. En effet, Hamid Grine se trouvait dans le salon de l’honneur de l’aéroport d’Orly quand il s’est vu remettre par un diplomate de son pays un message dans lequel la police aux frontières l’invitait à « passer à la fouille ».
Malgré un ordre de mission et son passeport diplomatique, ses protestations n’ont pas été entendues par les agents en poste qui ont fait valoir des ordres qu’ils sont tenus d’exécuter, poursuit Liberté précisant que la fouille a duré cinq minutes.
Cette affaire survient alors que les relations bilatérales, souvent compliquées, ont connu ces dernières années une évolution positive, tant au niveau politique qu’au niveau économique, sous la présidence de François Hollande.
La mésaventure expérimentée samedi par le ministre algérien de la Communication n’est pas sans rappeler la fouille approfondie dont avait été victime en mars 2014, cette fois à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, le ministre marocain des Affaires étrangères.
Le ministère français des Affaires étrangères avait alors présenté ses excuses à Rabat et demandé au ministère français de l’Intérieur et à la société Aéroports de Paris de respecter strictement les règles et usages diplomatiques à l’égard des ministres étrangers comme c’est le cas pour les chefs d’Etat.
L.M./AFP
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