Ni l’un, ni l’autre telle est la tentation qui guette des secteurs de l’opinion.
Je crois que c’est le piège qu’il faut absolument éviter. Non pas que Rebrab soit un ange, non; mais le véritable plan sur lequel il faut apprécier cette bataille est celui des options fondamentales. D’un côté, nous avons un ministre d’un gouvernement fantoche établit sur la violation manifeste de la constitution en son article 88. Un gouvernement de facto illégale de jure, dont les orientations sont clairement pilotées de l’extérieur et répondent à des logiques exogènes. Un gouvernement compradore au service d’une caste militaro-bureaucratique qui accumule à l’étranger au détriment de l’économie algérienne.
De l’autre côté, nous avons un industriel dont les actifs sont tangibles, qui participe à une accumulation domestique, crée de l’emploi, donc participe – malgré lui – à l’extension du salariat et à l’établissement de rapports sociaux modernes. La différence entre les deux est nette et ne laisse pas place à la neutralité. Bien sûr que la prise de position en faveur de Rebrab ne vaut pas caution totale de ses choix, comme celui de retreindre la pratique syndicale dans ses usines. Mais la neutralité ou pire l’alignement derrière Bouchouareb vaut absolution des forfaitures de l’oligarchie en place et de ses atteintes à l’économie algérienne.
Mohand Bakir
