Un responsable du protocole au ministère algérien des Affaires étrangères, Mohamed Ziane Hassani, soupçonné d’avoir commandité l’assassinat à Paris en 1987 de l’opposant Ali Mecili, a été inculpé vendredi pour « complicité d’assassinat » et laissé en liberté, a-t-on appris samedi de source judiciaire.
Cet homme, contre lequel avait été délivré en décembre 2007 un mandat d’arrêt international et qui a été arrêté jeudi à l’aéroport de Marseille-Marignane (sud-est), a été remis en liberté par un juge des libertés et de la détention et placé sous contrôle judiciaire, selon cette même source.
Ce contrôle judiciaire est assorti d’une interdiction de quitter la région parisienne et de l’obligation de justifier d’une résidence à Paris avant une prochaine convocation « fin août » chez le juge d’instruction Baudouin Thouvenot.
Le parquet avait requis contre une mise en examen.
Mohamed Ziane Hassani est soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat de l’avocat algérien Ali Mecili, exécuté en avril 1987 à Paris par Abdelmalek Amellou, un petit truand algérien.
Ali Mecili, 47 ans, exilé en France en 1965, avait été assassiné par balles le 7 avril 1987 dans le hall de son immeuble à Paris.
Dès l’annonce du décès de Me Mecili, Hocine Aït Ahmed, un des chefs historiques de l’indépendance algérienne, alors en exil en Suisse, avait accusé « les services spéciaux algériens » d’avoir commandité cet assassinat.
L’avocat de la famille Mecili, Me Antoine Comte, a exprimé auprès de l’AFP sa satisfaction. « C’est une bonne nouvelle mais il ne faut pas qu’il se produise ce qu’il s’est déjà produit dans ce dossier, à savoir l’expulsion vers l’Algérie de suspects avant qu’ils puissent être jugés en France. La justice doit passer en France dans cette affaire », a estimé Me Comte.
M. Mecili faisait office de porte-parole d’Aït Ahmed, chef de file du Front des Forces socialistes (FFS, opposition) et l’un des principaux opposants au régime d’Alger.
AFP