Le Matin d'Algérie

Bouchouareb-Rebrab : le patron de Cevital doit être confondu ou réhabilité

Le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, a porté de gravissimes accusations à l’encontre de l’industriel Isaad Rebrab. Le ministre accuse le patron de Cevital de transferts illicites de devises et de montages qui pourraient s’apparenter à de l’extorsion de devises.

Lors d’une conférence organisée à la Résidence d’Etat de Djenane El Mitak, le ministre n’a pas été de main morte. Selon des déclarations rapportées par notre confrère Algerie-focus, « Isaad Rebrab a trompé le gouvernement lors de l’acquisition de Brandt. Nous avons tout un dossier avec des preuves à l’appui », accuse le ministre Bouchouareb. Si l’on se souvient des déclarations de l’homme d’affaires lors de son passage à l’émission L’invité de l’économie, de la chaîne sécuritaire Dzair News, les répercussions de ces accusations peuvent dépasser les limites d’une escarmouche domestique. L’acquisition de Brandt s’est faite avec une forte implication du ministre français de l’Economie d’alors, Arnaud Montebourg. Si, réellement, dans cette affaire Monsieur Rabrab a « trompé » le ministre algérien, quid de son rapport avec le Français ?

Le ministre ne s’arrête pas à cette seule accusation de transfert illégal de devises. Il y ajoute ce qui suggère à de l’escroquerie et de l’extorsion de devises. Voire ! Ainsi, M Rebrab aurait introduit du « matériel usé déclaré à 5,7 millions d’euros alors que sa valeur réelle ne dépasse pas les 2,5 millions d’euros”. Circonstance aggravante, selon le ministre de Bouteflika, Rebrab « a voulu offrir du matériel neuf aux Français et se débarrasser du matériel usé dans mon pays [dixit Bouchareb], l’Algérie ».

Ces accusations gravissimes peuvent valoir de la prison au patron de Cevital, surtout que transparaît en filigrane des soupçons ou des accusations d’intelligence économique au détriment de l’Algérie.

En vrai, Issad Rabrab, un des plus importants investisseurs algériens, n’est pas à ses premiers déboires avec l’exécutif. En Algérie même, nombreux sont ses projets en souffrance. Il a même été empêché de prendre une participation de 15 % au sein de NCA Rouiba. Le café presse politique (CPP) du site spécialisé dans l’information économique, Maghreb Emergent, avait révélé que Cevital était à l’origine du scandale fiscale qui éclabousse les importateurs automobile.

Devant de telles accusations les réactions se font convergentes pour faire le parallèle avec l’affaire Saadani, le taulier du pouvoir, qui a acquis de luxueux biens immobiliers en France, ou l’affaire Khellil, dont le préjudice sur l’économie du « pays de M. Bouchouareb » est autrement plus élevé. Mais là, motus et bouche cousue, le ministre ne demande pas d’explications. LE gouvernement fait le dos rond. Et la justice demeure étrangement paralysée.

Au point où est arrivé le ministre de l’Industrie et des mines, le moins qui puisse être attendu est que « le dossier, avec preuve à l’appui » soit mis à la disposition de la justice. M Rabrab doit être soit confondu, soit lavé de l’effronterie d’un gouvernement largement mis en cause dans son patriotisme par de lourds dossiers économiques (Ateliers de montage Peugeot et Renaud ; gaz de schistes, ….) et dans sa légitimité politique (gouvernement en porte à faux avec la lettre et l’esprit de sa propre constitution).

Pour aider nos lecteurs à se faire une idée un peu plus claire nous leur fournissons en annexes les liens vers l’émission de Dzair News et le CPP de Maghreb Emergent.

Mohand Bakir

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