Alea jacta est.. Le sort en est jeté, le tout puissant général Mediene, dit Toufik, chef du DRS, les services secrets du pays, est sans ménagement limogé par un laconique communiqué de la présidence, mettant fin à ses fonctions.
Fruit d’un long travail de sape, mené par plus rusé que soi, et entamé au lendemain du retour de M Abdelaziz Bouteflika des Invalides, le démantèlement l’un après l’autre, tel des baies de raisin, de ses redoutables services pour mieux neutraliser sa nuisance et pour lui porter enfin l’estocade finale. Un pan de l’histoire trouble de l’Algérie post-indépendance vient de s’écrouler.
Les propos lénifiants accompagnés de blandices d’Ahmed Ouyahia, directeur du protocole de la présidence et chef de file du RND de son état, quant à la paisible atmosphère planant en hauts-lieux, cachent mal, en définitive, le fallacieux prétexte de restructuration des services, en fait, une exécrable chasse aux sorcières des cadres du DRS, ayant émerveillé les services par leurs prouesses et leurs succès n’a pas encore livrée ses secrets, l’arrestation du général Hassen, une icône de la lutte anti-terroriste, écroué depuis à la prison militaire de Blida reste une entière énigme. Une situation d’abscons donnant lieu à plusieurs supputations.
La vaticination de quoi sera fait demain reste tributaire du clan présidentiel qui, désormais comme jamais auparavant, aura les coudées franches sans aucun moyen de contrôle et de suivi, le sénat et l’APN sont depuis fort longtemps sous sa botte, il n’aura de comptes à rendre qu’à lui-même. L’absolutisme politique et le népotisme de Bouteflika, le petit père du peuple,comme hier l’était Staline s’accaparant tous les pouvoirs et régentant la vie de toute une nation.
Le timing et le modus operandi de ces bouleversements politico-sécuritaires,sur fond de menaces terroristes à nos frontières d’une part, la chute brutale du prix du baril de pétrole et ses conséquences sur le portefeuille des citoyens d’autre part, laissent les observateurs avertis perplexes quant aux défis présents et à venir.
Dès lors la question se pose comment des conflits d’intérêts suscitent tant de désinvolture pour se passer d’une totalité d’années d’expérience de lutte Anti terroriste en poussant bon nombre d’éléments de valeurs quarantenaire et cinquantenaire à la retraite alors qu’un octogénaire est aux commandes de l’Etat major de l’ANP ?
Tout est visible désormais, les mains de l’oligarchie et ses richesses mal acquises dont le commis de l’Etat M.Ahmed Ouyahia en loue l’activisme, se sont faufilées dans les arcanes du pouvoir pour se jouer des centres de décision et tenir les ficelles, telle une marionnette, d’un impotent président, faire-valoir et tenir tout un peuple,toute une nation en otage.
C’est dire que de sombres perspectives se profilent à l’horizon. Que Dieu,tout puissant préserve notre pays…
Brahim Ferhat
