Le Matin d'Algérie

Hamid Melzi, l'innamovible patron de Club-des-Pins, s'offre la société Enajus

Ça finit toujours par payer la proximité du pouvoir. Servir sans état d’âme les tenants de la décision en Algérie est manifestement gratifiant. Hamid Melzi, l’indéboulonnable patron de Club-des-Pins (EGT Sahel), donne l’exemple.

Alors que de nombreux investisseurs rament à faire vivre leur « bébé », il s’en trouve pour qui tout est facile. En l’espèce, la mafia politico-financière qui agit à visage découvert et qui ne s’en cache plus dans ce qui fait la jonction entre le politique et les affaires financières. C’est en tout cas ce que vient de nous révéler récemment «TSA» sur un possible rachat de la société de fabrication de jus : Vitajus par, tenez-vous bien, le président de la résidence d’Etat du Club-des-Pins et concomitamment PDG d’une entreprise publique dans le secteur du tourisme. Les négociations sont, paraît-il, bien avancées et le montant de la transaction se chiffre à la modeste somme de 2,5 milliards de dinars. Renversant ! La proximité avec les grands pontes du système, ministres, hauts-fonctionnaires et militaires haut-gradés qui logent tous à la même enseigne a dû donner des idées au patron de la résidence du Club des Pins, Hamid Melzi et partant, lui faire amasser des mousses avant de se lancer dans les affaires commerciales très juteuses. Faut-il voir un conflit d’intérêt dans cette très probable aquisition de l’une des marques de boissons les plus connues en Algérie ? Assurément oui. Fonctionnaire aux mille visages, on connaît un entregent affirmé. Et ses affinités avec les hautes sphères du pouvoir ont dû être pour beaucoup dans cette affaire.

Cependant, tout cela n’est, en fait, que la partie visible de l’iceberg, celui que Mohamed Boudiaf, qu’il repose en paix, a vu avant tout le monde par sa clairvoyante sentence «Où va l’Algérie ?». On comprend aussi pourquoi les retournements de vestes sont devenus à la mode pour s’inscrire dans les rangs du FLN/RND. Ministres, hommes d’Etat, députés, sénateurs, tous les gros bonnets de la grande bourgeoisie d’Etat se cherchent un parrainage mafieux au sommet et pas n’importe lequel celui qui garantit l’immunité et l’impunité contre toute poursuite judiciaire ou avoir à rendre des comptes. Il y en a même qui coulent des jours heureux sous d’autres cieux et qui s’en sont trouvés des avocats bien placés pour défendre avec véhémence leur cause contre les limiers du DRS ou tout ou moins ce qui en reste.

Khelaf Hellal

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