Le Dr Kameleddine Fekhar est mis sous mandat de dépôt, nous apprend l’agence Siwel. Il est accusé entre autres « d’atteinte à la sûreté de l’Etat » et de « port d’armes ».
Sept jours après son arrestation dans la nuit de jeudi dernier, le Dr Kameleddine Fekhar a été présenté, aujourd’hui mercredi, devant le procureur de la République à Ghardaïa. Il a été transféré avec ses codétenus. Quatre avocats attendaient sur place pour assurer leur défense Me Dadi Oubekka Mounir, Me Fatiha Rahmouni, Me Bouhali Dhayaeddine et Me Chalabi Rafik, nous apprend Siwel.info. A l’extérieur, les services de sécurité ont quadrillé tous les accès, selon des sources locales, empêchant de fait familles et Mozabites d’approcher le tribunal.
De lourdes charges auraient été retenues contre ce militant de la cause mozabite en détention préventive depuis une semaine. L’agence Siwel parle d' »atteinte à la sûrete de l’Etat ». D’autres sources évoquent l’accusation de « détention d’armes » et de meurtre. La fondation Tifawt (proche des militants mozabites) estime dans un communiqué qu’il est sacrifié « comme le mouton de l’aid ». La fondation estime que le sort fait à Fekhar est un avertissement clair pour les défenseurs de la minorité mozabite.
Kameleddine Fekhar a dénoncé publiquement à maintes reprises « la politique d’extermination dont le peuple amazigh du M’zab est victime». Pendant les affrontements meurtriers qui ont touché le M’zab, ce militant des droits de l’homme a appelé l’Onu pour intervenir. Le Dr Kameleddine Fekhar a toujours agi publiquement. Militant des droits de l’homme, ancien cadre du FFS, on ne lui connaît pas une déclaration appelant à l’émeute, voire au meurtre. Ses communiqués sont des cris d’alarme d’une voix révoltée, meurtrie par ce qu’il observe. En clair un témoin gênant pour tous ceux qui mettent le feu à la vallée du M’zab. Aussi, son arrestation en lieu et place de tous ces personnes qu’on voient sur les vidéos en train de piller, d’agresser de brûler des biens mozabites a jeté un coup de froid dans la rue mozabite.
Que fera la justice en effet de toutes ces images de voyous qui s’abritent derrière des gendarmes ?
De fil en aiguille, une éventuelle condamnation de ce militant des droits de l’homme et des autres détenus ne fera qu’ajouter suspicion de la part de la communauté mozabite vis-à-vis de l’Etat central.
L. M.
