Les affrontements qui ont repris dans la vallée du Mzab ont fait plusieurs victimes. Trois selon certaines sources. Mais, il est à craindre que des milieux bien structurés travaillent à un embrasement irréversible.
Une vidéo circule sur les réseaux sociaux depuis le début de l’après-midi de ce mercredi 7 juillet 2015. Donnant à voir de sérieux dégâts dans le quartier de Baba Saad, elle tente d’incriminer la communauté Mozabite et de lui imputer la responsabilité de ce forfait. Des maisons ravagées, ou livrées aux flammes, des murs éventrés, un décor de désolation. Pourtant rien ne vient corroborer que les Mozabites ont fini par adopter la Razzia, un comportement qui a toujours été étranger à leur rite et à leurs coutumes.
Des commentaires racistes et empreint d’une profonde haine confessionnelle accompagnent le partage de cette vidéo. Très orientés sans apporter la moindre preuve, ils affabulent les Mozabites des pires qualificatifs : « terroristes », « sanguinaires », « sauvages », mais le pire de tous, dans l’esprit de ces détracteurs, reste celui désignant le culte de cette communauté connue pour sa haute spiritualité et son humanisme : Ibadites.
« في يوم 07/07/2015 الموافق ل 20 رمضان 1436 يحدث هذا الاجرام الاباضي, بني ميزاب الاباضيين الذين ينسبون انفسهم للأمازيغ لأدخالهم معهم في القضية, يقومون بهجوم همجي ارهابي على حي باب سعد ببريان ولاية غارداية و قتلو شخص و الآخر في حالة حرجة و حرق ما تشاهدونه من منازل و ممتلكات للعرب المالكية و الدليل تمعنوا جيدا مع الصوت, يحدث هذا في شهر رمضان المبارك, نشروه في صفحتهم المحرضة و حذفوه خوفا ان يفضحوا انفسهم لكن الحمدلله تم تحميله قبل الحذف »
Cette propagande colportée par de nombreux comptes sonne comme un appel au Djihad, promesse de génocide froid et démentiel. Pourtant, rien ne corrobore que les dégâts visibles sur la vidéo soient consécutifs à une décente punitive, et encore moins que celle-ci soit le fait de Mozabites.
Le silence et la passivité des autorités, devant ce qui semble avoir mis des dizaines de famille à la rue, mais aussi devant l’instrumentalisation éhontée qui en est faite par certains milieux, sont criminels. C’est le scénario du pire dans un pire déjà atteint qui se met en place.
Mohand Bakir
