Le Matin d'Algérie

Mille pardons, nous n'avons pas été à la hauteur de votre sacrifice !!!

Cinquante-trois ans d’existence, toujours le même régime, aucune alternance politique depuis cet été 1962 qui avait vu l’armée de l’extérieur, emmenée par le colonel Boukharouba Mohamed, massacrer les vrais maquisards de l’intérieur.

Au moins 1000 morts durant cette guerre fratricide qui a installé la dictature au sommet de l’Etat naissant. Aujourd’hui ce régime illégitime ne tient que par la force et la soutien intéressé des pays occidentaux. Malgré son autoritarisme, le régime de Boukharouba Mohamed et de Chadli Bendjedid, a réussi quelques réalisations sociales : électrification du pays, construction de routes, d’écoles, de lycées et d’universités. Mais ce régime a commis l’irréparable : il a voulu donner une autre identité au pays ; pendant des années, il a rayé de la carte les origines berbères de la majorité des habitants. Au lieu de construire la culture du « vivre-ensemble », le régime algérien a installé la haine entre les uns et les autres. Au lieu de transmettre le savoir, le régime inocule le virus de la religiosité à son peuple, abrutissant ainsi des pans entiers de la société.

L’arrivée de Bouteflika au sommet de l’état a détruit presque toutes les valeurs de la société algérienne ; la corruption y fait des ravages à tous les niveaux. Depuis l’arrivée d’Abdelaziz Bouteflika, qui n’a jamais été élu, chacun ne pense qu’à sa tribu ; et c’est la tribu sans aucun honneur, pour faire un clin d’œil à Rachid Mimouni, paix à son âme. Au lieu de régler les problèmes politiques du pays, en imaginant, pour exemple, la régionalisation, les responsables du régime, à tous les niveaux, ne pensent qu’à ramasser de l’argent pour acheter des biens en Occident.

En se faisant arabiste à outrance, le régime algérien a donné naissance au nationalisme kabyle, légitime, qui deviendra inéluctable tant que la dictature algérienne sera encore là. Au lieu de séparer l’état de la religion, le régime algérien se plaît à continuer de manipuler les barbus et ne cesse de leur donner les moyens d’imposer leur intégrisme. 53 ans après, le chef de l’Etat algérien, qui n’a jamais tiré un seul coup de feu, durant la guerre de libération, qui ne peut pas marcher, qui ne peut pas parler, qui ne peut pas se mettre debout, est toujours à sa place.

Ses proches ont tout fait pour quémander la caution occidentale pour le « légitimer » à sa place. C’est dire qu’il reste si peu de cette « indépendance » pour laquelle des centaines de milliers de valeureux vrais guerriers ont donné leur vie. Paix à l’âme de ces valeureux guerriers qui n’aimeraient surtout pas voir ce qu’est devenu ce rêve de liberté, de paix, de démocratie, de justice sociale et d’épanouissement. Pardon, mille pardons, nous n’avons pas été à la hauteur de votre sacrifice !!!

Youssef Zirem

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