C’est une véritable guerre d’usure qui est menée au gouvernement Grec. Alors que celui-ci a avancé une nouvelle proposition qui, tout en s’inscrivant dans son propre programme, fait bouger les lignes dans l’optique de la recherche d’un compromis, l’euro groupe, sous la houlette de Mme Merkel, choisit de s’emmurer dans une posture jusqu’au-boutiste.
Le gouvernement hellène se dit prêt à accepter un compris basé sur un financement étalé sur deux ans pour assurer un financement d’urgence à la condition que celui-ci s’articule avec une restructuration (un rééchelonnement) de la dette. Cette initiative qui, pour le moins, dément les accusations d’aventurisme accolées au gouvernement Grec est présentée par la commission européenne et ses relais médiatiques comme l’affolement d’Athènes. Panique, désespoir et capitulation. Ainsi, il semblerait que l’équipe d’Alexis Tsipras, serait sur le point d’annuler le référendum prévu pour dimanche juillet. Les agences de notation s’en mêlent, elles dégradent la notation des banques grecques, mais aussi celle de la dette souveraine de ce pays. L’oligarchie techno-financière mondialisée est en ordre de bataille.
Dans un entretien, Esther Jeffers, enseignante à Paris 8 s’insurge : « Ce n’est pas aux créanciers d’arbitrer entre les différentes mesures budgétaires équivalentes. Le gouvernement grec a été élu avec un mandat clair de refuser les politiques d’austérité. Malgré cela, il a négocié avec la Troïka et proposé des mesures ». Ce membre actif des Economistes atterrés observe qu’on a « essayé de mettre la Grèce dans un coin en la sommant de choisir entre austérité et sortie de l’euro ».
Le gouvernement grec est pourtant conséquent, avec lui-même, avec ses électeurs, avec les grecs en générale et aussi avec ses créanciers. Il n’a pas été élu pour se fourvoyer en connivences malsaines avec les banquiers, la finance internationale et les théocrates de Bruxelles. S’il lui est impossible de remplir fidèlement son mandat, celui qu’il a défendu publiquement dans les élections qui l’ont porté aux gouvernes, alors, puisque la trahison est hors de propos, il est normal qu’il remette son mandat en jeu. Que le peuple grec le confirme ou l’infirme.
En vérité, le comportement de l’oligarchie européenne dénote une monumentale peur. La peur de voir les peuples se ressaisir de leurs destins, la peur de voir le dictat de la commission et de la BCE-Mark ébranlé par l’expression démocratique des peuples. La peur de voir la construction européenne démocratisée. L’ambiance est au coup d’Etat et pas seulement contre le peuple grec. « Les chiens de garde » vont redoubler de férocité.
Ahmed Ilmathen
