Le Matin d'Algérie

Juncker et Merkel peinent à répondre à l’initiative du référendum grec

Selon les propos tenus, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, un « non » au référendum prévu dimanche en Grèce sur les propositions des créanciers serait un « non » à l’Europe.

En, conséquence de quoi il demande aux Grecs de voter « oui », indépendamment de la question qui leur est posée, « il faut voter oui parce que les Grecs fiers d’eux-mêmes et de leur pays doivent dire oui à l’Europe. Il ne faut pas se suicider parce qu’on a peur de la mort ».

Une arithmétique bancale…

Dans une curieuse arithmétique le président de la commission européenne (organe non élu) tente d’établir une sorte de curatelle « démocratique » sur la Grèce. Critiquant très vivement le gouvernement de gauche radicale d’Alexis Tsipras. Il affirme que « jouer une démocratie contre 18 n’est pas une attitude qui convient à la Grèce (…). En Europe, aucune démocratie ne vaut plus qu’une autre et dans la zone euro il y a 19 démocraties, non une contre 18 et non 18 contre une ». Pourtant, malgré tous les efforts des Juncker et des Merkel, le caractère démocratique de ces dix-neuf entités prises séparément, ne peut se transférer à la commission et à la BCE qui trônent au sommet de la construction européenne ; il pet encore moins l’être à une institution comme le FMI.

L’argumentaire de la commission vérité sur la dette fait mouche

Visiblement sur la défensive, après la publication du rapport de « la commission pour la vérité sur la dette grecque » (constituée à l’initiative du parlement Hellénique), le président de la commission tente de convaincre que « la proposition faite à la Grèce par ses créanciers n’est pas un paquet d’austérité stupide » que c’est « la commission [qui] insistait sur davantage de justice sociale de certaines mesures dans les négociations avec Athènes » et qu’il « n’y a pas de coupes dans les salaires dans ce paquet, il n’y a pas de coupes dans les retraites »….

Merkel parle d’échec de l’Europe

La chancelière allemande Angela Merkel a pour sa part déclaré que l’échec de l’euro, qui pour beaucoup de spécialistes est un Mark déguisé, serait celui de l’Europe. Devant les membres de son parti, dans sa première prise de parole publique après l’annonce du référendum du 5 juillet, la chancelière en appelle au « compromis »». « L’Europe peut faire face nettement mieux aux crises de situations comme celle que nous avons en Grèce actuellement parce que nous avons fait beaucoup ensemble ». Faut-il dès lors s’attendre à de nouvelles propositions de la part des créanciers de la Grèce ?

Les discussions ne sont pas rompues, mais…

Dans le même temps, selon des sources gouvernementales grecques, le Premier ministre Alexis Tsipras s’est entretenu par téléphone avec M. Juncker avant que celui-ci prenne la parole depuis Bruxelles. M. Tsipras a également été appelé par le président du parlement européen Martin Schulz. Ce dernier a informé de son intention de convoquer une réunion des chefs de groupe parlementaire de l’assemblée européenne pour examiner la situation dans le but de prendre des initiatives. Mais il reste que le parlement européen est bien peu de chose devant la toute puissante Commission et devant la BCE.

Comme quoi dix-neuf démocraties ne font pas forcément une superdémocratie, il arrive qu’il en résulte une absence de démocratie. C’est toute la question de l’architecture de l’Union européenne qui doit être remise à plat.

Ahmed Ilmathen

Quitter la version mobile