Le Matin d'Algérie

A quoi joue-t-il ? Bouteflika et Zerhouni dresse un tableau noir de ses deux mandats

« Nous avons cru emprunter le chemin qui mène vers le Paradis…Hélas… » C’est par cette parabole que le président Bouteflika a illustré hier son échec devant les maires d’Algérie.

Le chef de l’Etat a dressé un tableau négatif de ses neuf années passées au Pouvoir. Selon lui « l’investissement a engendré des compagnies privées parasites », les entreprises soumises à la privatisation ne trouvent pas d’acheteur et le chômeur préfère « travailler comme gardien de nuit au lieu de travailler dans le secteur du bâtiment ou de l’agriculture ».

Lors de cette rencontre avec les présidents d’APC et d’APW, des membres du staff gouvernemental ainsi que des walis, le Président de la République est apparu mécontent de ses deux mandats. Après environ 10 ans au Pouvoir, Bouteflika est arrivé à la conclusion suivante « nous avons cru emprunter un chemin qui mènerait vers le Paradis, aujourd’hui il faut une révision radicale de plusieurs choses maintenant que nous savons que ce n’est pas la voie vers le Paradis ». Tout en dressant ce tableau noir de son activité à la tête de l’Etat il a précisé qu’il faisait une auto critique « je n’incrimine aucune catégorie ni personne en particulier ».

Selon lui, l’image de l’Algérie à l’étranger ne s’est pas améliorée, mais au contraire dégradée. « Notre pays est désormais connu pour sa drogue, son Trabendo et ses fléaux sociaux ». Il a critiqué le secteur de l’Investissement, en particulier les privés. « L’Algérie est un pays étrange, l’endroit où il n’y a pas de salles de cinéma ne verra jamais personnes investir dans ce domaine…est-ce logique ?…si le secteur privé signifie investir dans les boissons gazeuses et moudre du blé, nous n’en avons que faire ». Il a parlé d’entreprises parasites sans les nommer « est ce normal de donner les mêmes avantages à un investisseur qui ramène un million de dollars et un autre qui en ramène 5 ? ».

Le Président de la République n’a rien laissé, il a abordé tous les domaines sauf celui qu’on attendait, la révision de la Constitution et si oui ou non il souhaitait être reconduit pour un troisième mandat.

L.M. (Avec El-Khabar)

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