Un mois après son éviction de la tête du gouvernement, le secrétaire général du FLN, M. Abdelaziz Belkhadem, semble perdu. Sa seule chance : afficher son soutien à un troisième mandat présidentiel pour le président Bouteflika. Belkhadem déclare que la question de la révision constitutionnelle n’est nullement annulée « comme le prétendent certaines parties » et que le président en fera l’annonce prochainement. Il a indiqué que la tenue du Conseil National et du Congrès extraordinaire, sciemment reportée, est en rapport avec l’annonce par le président de l’amendement de la constitution, ajoutant que le FLN compte immédiatement après, présenter le président Bouteflika comme candidat du parti à l’élection présidentielle de 2009.
Mais le malaise est criard. Abdelaziz Belkhadem a paru affaibli et politiquement amoindri. D’emblée, il entame son discours par des propos virulents envers «ceux qui croient que le FLN est en déclin». «Certains ont pensé et pensent encore que la place du FLN est au musée. Ce sont ces gens-là qu’on devrait mettre dans un musée.» Devant une assistance pas trop convaincue de sa vision de la politique, M. Belkhadem a déclaré que «les tentatives de déstabilisation dont nous faisons l’objet n’empêcheront pas notre parti de continuer à exister sur le terrain politique.» il ajoutera, en ayant recours à des proverbes populaires, que «les coups qui ne vous tuent pas vous renforceront», comme pour se montrer résistant à la dernière vague de contestation des militants du FLN. Ces derniers demandent en fait son départ de la tête de leur parti après que Bouteflika lui «eut préféré» Ahmed Ouyahia pour diriger un gouvernement fortement critiqué pour sa mauvaise gestion des grands dossiers, notamment sociaux, ces derniers mois. En homme politique désavoué, Belkhadem s’est carrément éloigné de l’objet de sa présence en face des militantes du FLN. Oubliant le sujet de «la politique du complot» qui vise, selon lui, à déstabiliser davantage son parti, Belkhadem s’attaquera par la suite à certains de ses camarades militants. Concernant l’affaiblissement de la position de son parti, il dira qu’il est dû à «la mentalité du monopole» qui caractérise certains de ses militants qu’il s’est interdit de citer nommément. «L’égoïsme de certains a détruit la maison FLN. Le militantisme est quotidien et non pas saisonnier. On ne lutte pas pour accéder à un poste de ministre ou à un quelconque privilège », a-t-il ajouté, qualifiant de «phénomène maladif» le désir d’émergence de certains militants.
L.M. (avec Le Soir et Echourouk)
