Le Matin d'Algérie

Implantation de Peugeot dans l’Oranie : cacophonie ministérielle et mise à nu gouvernementale

L’annonce faite par M Hollande d’une prochaine implantation de Peugeot en Algérie bouscule les ministres algériens et les fait se télescoper.

A Oran, le 21 juin 2015, le ministre du Commerce Amara Benyounès a déclaré que ni lui, ni le gouvernement algérien, ne savent de quoi il s’agit. Aucune ambiguïté dans la déclaration.

Vingt-quatre heures plus tard, sur le même média électronique, son collègue de l’industrie apporte un son de cloche radicalement différent. Abdeslam Bouchouareb confirme avec moult détails les propos de M Hollande, y associe le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, et situe le cadre formel du «traitement de ce dossier» à la session du 12 mai dernier du Comité mixte économique franco-algérien (Comefa), consacrée à «trois secteurs prioritaires : transport, logement et habitat, agroalimentaire». Le projet s’inscrirait dans le cadre d’une démarche de long cours qui vise à l’intégration d’un «pôle automobile en construction à Oran».

Pour avoir bonne mesure de la chose, il faut voir que ce cafouillage implique des collaborateurs essentiels du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui de surcroit, font partie de la représentation algérienne au fameux Comefa. Certes, sous Bouteflika III & IV, le gouvernement se réunit à l’occasion, mais est-ce une raison pour qu’un cadre de coopération et de négociation, le Cofema en l’occurrence, glisse cers une sorte de «co-gouvernance» de l’Algérie ?

Le spectacle est pathétique. Il s’ajoute aux désastreuses scènes qui ont accompagné les remaniements jumeaux du gouvernement Sellal. La bataille de prérogatives entre Masahel et Lamamra, le vari faux départ de M Yousfi et j’en passe. Nous voici aujourd’hui devant une illustration singulière de la bancale «gouvernance» qui préside à nos destinées.

Mohand Bakir

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