Nombre d’Algériens ont cru naïvement que François Hollande a répondu à l’invitation de son homologue algérien pour une seconde visite en Algérie, parce que c’est son ami et qu’il l’aime bien.
Les mêmes Algériens n’en veulent pour preuve que les flatteries pour le moins étonnantes de François Hollande à l’égard d’Abdelaziz Bouteflika. De mémoire d’Algérien, jamais, en effet, un président français n’a osé une telle extravagance, en public qui plus est.
Mais il ne faut pas s’étonner, François Hollande n’ayant fait que son travail d’homme d’Etat, soucieux d’abord et avant tout des intérêts supérieurs de son pays. Nul besoin, d’ailleurs, d’être grand clerc en la matière pour deviner les dividendes qui tomberont très bientôt dans l’escarcelle française, suite à ces flatteries.
La réalité amère est que François Hollande ne nous aime pas, il nous estime seulement à notre juste valeur, celle d’un bon client. Plutôt un gros client pour l’industrie française qui peine à tourner à plein régime, faute de… gros clients.
Si François Hollande aimait réellement les Algériens, il ne leur exigerait pas un visa pour entrer en France ! Les Algériens, pour rappel, avaient bien voyagé librement en France, sans visa, et ce de 1981 à 1986, sans le moindre problème.
Si François Hollande aimait vraiment les Algériens, il ferait en sorte que la France aide l’Algérie à moderniser son agriculture, jusqu’à l’autosuffisance alimentaire. Mais comme François Hollande nous regarde seulement sous un angle purement commercial, il préfère nous laisser empêtrés sous la dépendance de son pays, sur le plan alimentaire, mais pas seulement.
Cela dit, le mal est en nous. L’Algérie a engrangé un millier de milliards de dollars durant le règne d’Abdelaziz Bouteflika, de quoi bâtir une nouvelle Algérie et instaurer de nouvelles règles, dans tous les domaines, mais nos dirigeants ont préféré la facilité : vendre du pétrole et acheter tout, y compris la paix sociale et des flatteries de chefs d’Etat occidentaux.
Ahcène Bettahar
