Le Matin d'Algérie

Ahmed Ouyahia : "Nous ne sommes pas l’Egypte !"

Si la langue de bois était de l’or, Ahmed Ouyahia aurait été un artisan bijoutier.

La conférence de presse d’Ahmed Ouyahia a été un véritable raout d’annonces convenues. Si l’Algérie s’enfonce dans l’immobilisme et l’indécision, Ahmed Ouyahia est fidèle à son personnage. Le serviteur des présidents qu’on connaît est revenu jeudi pour nous dire que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest.

Morceaux !

Ahmed Ouyahia ne pouvait exsuder mieux que des truismes et autres lapalissades. A nous qui croyions ferme que le frère du président est sur les starting-blocks pour hériter du trône Algérie, le revenant Ahmed Ouyahia nous assure avec une moue gourmande : « C’est pas quelqu’un d’inconnu de la scène algérien, les uns et les autres le connaissent un peu, de près, de loin et je crois qu’ils ont sans aucun doute une idée que ce n’est pas quelqu’un qui est en train de jouer dans cette direction… nous ne sommes pas l’Egypte ! » Et pan !…. Et puis qu’on n’arrête surtout d’évoque une possible présidentielle anticipée, voire la santé du chef de l’Etat, le SG du RND est formel : « Abdelaziz Bouteflika va diriger jusqu’à la fin de son mandat et les élections législatives se tiendront en 2017 ». Concernant la réforme constitutionnelle qui traîne depuis 2012, Ahmed Ouyahia ne voit aucune urgence. « Le pays a une constitution ! » soupire-t-il avec malice.

Sur l’opposition, notamment la CNLTD qui tente d’imposer son calendrier politique, voire un consensus nationale, Ouyahia balaie : « Un consensus national sur quoi ? ». Enfin, le nouveau patron du RND a annoncé qu’il ne quittera pas son poste à la présidence, « sauf si le président me le demande », a-t-il tenu à ajouter.

Nous retenons donc : que Saïd Bouteflika ne remplacera pas son frère à la présidence, qu’il n’y aura pas d’élections anticipées, que la réforme constitutionnelle peut patienter quelques mois, voire des années encore, que la lettre du général major Gaïd Salah ne mérite pas toute le tintamarre qui l’a entourée, etc.

Ouyahia/RND : une histoire originelle !

Ahmed Ouyahia fait partie des meubles dont le RND ne peut en fait se débarrasser. Habile, il retombe toujours sur ses pieds ! Quand il a « démissionné », début janvier 2013, de la tête du RND, nombre de commentateurs le donnaient comme étant mort politiquement. Coup de théâtre ! Le voilà de retour par la grande porte ! Son plébiscite à la tête de ce parti-Administration, jeudi est la meilleure preuve que rien n’a bougé depuis. D’abord porté aux nues de décembre 1998 à janvier 2013, puis banni ; ensuite « élu » hier jeudi,… ainsi va la « transition démocratique » au RND depuis février 1997. On reprend les mêmes et on recommence.

Hamid Arab

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