Après quarante années à la FIFA, dont dix-sept comme président, Sepp Blatter quitte l’organisation mondiale du football par la petite porte.
C’est la révélation du New York Times, mardi, faisant état d’un virement de dix millions d’euros par Jérôme Valck, bras droit de Sepp Blatter, au profit de Jack Warner, qui, semble-t-il, a fait craquer le président de la FIFA. Cette révélation est la goutte qui a fait déborder un vase plein de scandales.
En dix-sept années de règne, Sepp Blatter avait eu tout le temps nécessaire pour mettre en place un système tellement bien huilé qu’il lui a permis de remporter toutes les élections, sans coup férir. Mais comme chaque chose a son revers, c’est le même système qui l’aveuglera au point de se croire puissant. Si puissant qu’il a poussé l’outrecuidance jusqu’à briguer un cinquième mandat, en dépit de tous les scandales qui l’entourent.
Le plus étonnant est que même après sa démission, Sepp Blatter continue à parler pour dire du n’importe quoi. Au lieu de se contenter d’expédier les affaires courantes en faisant le dos rond comme le lui commande sa peu enviable situation, jusqu’à l’élection de son successeur, Sepp Blatter promet sans rire de réaliser en quelques mois ce qu’il a soigneusement évité de faire en dix-sept ans.
Finalement, Sepp Blatter ne diffère en rien des autres vieux présidents qui s’accrochent désespérément au pouvoir à travers le monde. Ces présidents sont là depuis de longues années, n’ont rien fait de bien à leur pays, mais continuent tout de même à jurer à qui veut les entendre qu’ils sont la seule solution, alors qu’ils ne sont en réalité que le problème dans toute sa complexité.
En la matière, d’ailleurs, notre pays n’est pas loin de décrocher la palme. Le chef de l’Etat est dans l’incapacité de gouverner convenablement en raison de sa maladie, il est entouré de partout par des scandales financiers, mais il n’en a cure. Il continue à nous occuper par Amar Saadani, Abdelkader Bensalah et Ahmed Ouyahia interposés, en attendant peut-être que des policiers viennent arrêter ses lieutenants pour pouvoir sortir enfin de sa torpeur et faire comme Sepp Blatter : annoncer des élections dans moins d’une année.
Une chose est sûre en tout cas : d’ici deux ou trois ans, les présidences à vie ne seront qu’un mauvais souvenir, partout, y compris à la FIFA. Le monde continuera à changer à une vitesse vertigineuse et n’attendra sûrement pas ceux qui se comportent toujours comme dans les années 1970. Et Bouteflika se sera encore une fois trompé de porte de sortie, en choisissant la plus étroite.
Ahcène Bettahar
