Le Matin d'Algérie

Batna : les gardiens de parkings font régner leur loi

Dans plusieurs quartiers et cités de la ville de Batna, des jeunes de tous âges se sont autoproclamés gardiens de parking dans toutes les rues et places publiques, obligeant les automobilistes à s’acquitter des droits de stationnement.

Cette frange de chômeurs dont la moyenne d’âge varie entre 18 et 30 ans, a pris place dans les grandes artères de notre ville en réquisitionnant le moindre espace transformé en aire de stationnement. Pour ces gérants de trottoirs, les plus rentables en dehors des grandes rues et autres, sont les abords des pizzerias, les marchés, les administrations et même le cimetière n’a pas échappé à ce phénomène. Même le CHU de Batna n’a pas été épargné de cette forme d’informel ; celui-ci est né de la fermeture des 4 ou 5 endroits de stationnement à l’intérieur de l’hôpital de la ville citée, pour des raisons inconnues, ce qui oblige tous les visiteurs et les fonctionnaires à être confrontés à ce phénomène. On a vu souvent des personnes se faire tabasser par des gourdins, pour refus de paiement des 50 dinars imposés par cette horde qui sévit faute de sanctions. Ces mêmes indus occupants ont squatté même l’espace réservé au stationnement des ambulances du Samu, ainsi que l’entrée principale du personnel et des résidents de l’hôpital cité.

Interrogé à ce sujet, le maire de Batna a clairement expliqué que ces tenants de parkings ont sous-loué une partie (en face de l’hôpital) et non pas les 400 ou 500 mètres qui longent la chaussée ; comme il précise que ces indus occupants n’ont pas respecté leurs engagements et il va devoir charger un entrepreneur pour délimiter l’espace réglementaire afin d’éviter le pire à venir. Une circulaire a été transmise il y a quelque temps par le ministère de l’Intérieur et des collectivités locales aux différentes assemblées populaires communales, les sommant de mettre un terme à cette anarchie qui en fait a trop duré, apprend on. Ce problème de faux gardiens n’a épargné aucune ville du pays, grande ou petite. Les pouvoirs publics en sont conscients mais ne veulent pas réagir, probablement pour s’assurer la paix sociale par ces temps où le chômage bat son plein. Un avis que personne ne partage car il s’agit bel et bien d’une forme de rançon qu’on exige de quiconque stationne quelque part. Un informel a la peau dure, hélas !

M. Benyahia

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