Le pouvoir en place a droit de vie et de mort politique sur les patrons de partis-administration que sont le FLN et le RND.
Hasard de l’histoire ou énième calcul politicien en vue de prochains arrangements de pouvoir ? Amar Saadani qu’on disait dans une mauvaise passe il y a quelques jours se voit conforté dans sa place de chef de l’ancien parti unique. Le parti et lui-même ont eu droit à une lettre mielleuse du président d’honneur. La bafouille d’Abdelaziz Bouteflika renseigne sur une probable retour au devant de la scène du FLN. Voire même une gratification pour Saadani pour services rendus.
Au sein de l’autre parti du pouvoir, le RND, Abdelkader Bensalah démissionne, nous dit-on. Sans doute comme Ahmed Ouyahia qui a quitté en juin 2013, nous avait-on dit à l’époque, son poste de SG de ce parti. Ce dernier était donné mort politiquement. Le voilà qu’il revient comme conseiller, ministre d’Etat et maintenant carrément à la tête de cette formation politique née dans les couveuses du cabinet noir. Certaines sources se laissent même aller jusqu’à le présenter comme le candidat d’un clan au pouvoir pour remplacer Bouteflika.
Depuis 48heures, certains médias semblent découvrir que Bouteflika soutient Amar Saadani. D’autres « révèlent » qu’Abdelkader Bensalah a démissionné. Pourtant, rien de nouveau sous le ciel d’Algérie. Autant le premier n’a jamais été lâché par le clan au pouvoir, puisque l’obligé est accroché aux puissants comme le pendu à sa corde. Et le second a été installé à la tête du RND le temps qu’il soit rappelé pour d’autres missions. Qu’on cesse d’envoûter le commun des Algériens, le RND et le FLN ainsi que tous leurs staffs ne sont là que pour conforter le pouvoir en place. Ils répondent au doigt et à l’oeil de leur patron : Abdelaziz Bouteflika et son frère. Ces deux partis constituent la plus importante assise clientéliste et militante du pouvoir, il n’est donc pas question qu’ils échappent à son contrôle.
En réalité, et tout le monde le sait, entre ce qui est publié et ce qui est la réalité, il y a loin de la coupe aux lèvres. Ces allez-retour dans les étages supérieurs du FLN et RND n’est qu’un jeu d’ombres chinoises. Ceux qui tirent les ficelles en vue d’un nouveau scénario sont ailleurs, derrière les rideaux. Autant pour le parti FLN que pour le RND, rien ne se décide au sein des structures de direction.
Il est de ces arrangements comme du dernier lifting du gouvernement Sellal. On fait du « nouveau » avec du vieux ! Autrement dit, rien de nouveau sous le ciel d’Algérie.
Yacine K.
