Le Matin d'Algérie

Sabah El Kheir Monsieur Sellal !

Suite aux déclarations d’Abdelmalek Sellal tenues lundi sur la grave situation économique de l’Algérie, le patron de Jil Jadid réagit.

Suite aux déclarations d’Abdelmalek Sellal tenues lundi sur la grave situation économique de l’Algérie, le patron de Jil Jadid réagit.

« Après de longs mois de déni de la réalité, choqué par la chute imprévue du prix du pétrole, le pouvoir semble sortir de sa torpeur. C’est qu’il revient de loin ! Après avoir dilapidé les biens de la nation, pioché sans aucune précaution dans les caisses de l’Etat, distribué à tout vent l’argent public sans aucun contrôle et en dehors de toute loi (voire la précampagne 2013/2014), enrichi les copains et les coquins, acheté la paix sociale en cultivant la corruption des âmes et des esprits, voilà que ces messieurs s’inquiètent pour l’avenir de nos réserves de change tout en nous annonçant un futur endettement !

Il y a à peine un peu plus d’une année, Monsieur Sellal, alors directeur de campagne d’un candidat fantôme, promettez monts et merveilles à des auditoires crédules, que « la crise ne nous concerne pas », que « Mascara allait devenir la Californie », que « nous allons construire deux millions de logements », que « nous allons créer des millions d’emplois »… Qu’il était facile de dire aux jeunes : « vous avez l’argent de l’ansej pour vous marier ! ».

Et bien entendu, ceux qui s’opposaient à cette folie, ceux qui dénonçaient la destruction de l’économie et les politiques suicidaires du pouvoir, ceux qui prévoyaient depuis des années la fin du pétrole et les conséquences gravissimes de notre dépendance absolue à sa rente, tous ceux-là étaient taxés de pessimistes, de politiciens malintentionnés, ou de traitres à la solde de l’étranger, voire du terrorisme international.

Après 15 ans de dissolution programmée de la société algérienne (mensonges d’Etat, trafic, corruption généralisée, prédation systémique, destruction de l’école et de l’université, détournements de deniers publics et du foncier…), l’Algérie est entrée dans la dernière phase du plan, le 17 avril 2014 : la destruction de l’Etat. Maintenir à la tête de l’Etat un homme qui a été à la source de l’échec national durant trois mandats en dirigeant le pays comme sa propriété privée tout en cultivant le culte totémique était un acte gravissime. Mais lorsqu’on sait qu’il ne reste de l’homme-dieu que quelques images trafiquées dont les Algériens normaux ont honte, l’ampleur du complot destructif contre l’Algérie apparait dans toute sa laideur.

Après avoir bloqué le développement du pays, empêché le véritable investissement productif, favorisé odieusement les circuits maffieux de l’importation, acheté le silence des puissances en leur offrant les richesses du peuple, et surtout détruire la véritable élite, ce pouvoir, par la bouche de Monsieur Sellal vient nous annoncer qu’il va devoir « siphonner » le reste des réserves d’ici 2019 !

Depuis 1999, le peuple a eu « droit » à une loi de finances pour budgétiser environ 50% de ses revenus. Les autres 50% étaient à disposition du gouvernement sans loi et sans contrôle. Le régime de Monsieur Bouteflika a utilisé à sa convenance autant d’argent que le reste des Algériens !

Maintenant que le désastre pointe à l’horizon, que la « casse » sera inéluctable, le pouvoir nous promet de consommer (pour lui, bien entendu) jusqu’au dernier centime les avoirs du pays, puis de nous endetter de nouveau !!!

A l’évidence, si les Algériens ne veulent pas réagir et prendre leur responsabilité, ce pouvoir ne lâchera le pays qu’une fois rongé comme le sont ces victimes tombées dans des eaux infestées de piranhas ! »

Soufiane Djilali

Président de Jil Jadid

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