Le ministère des affaires religieuses a-t-il vraiment besoin de rappeler aux musulmans que l’alcool est péché, si ce n’est pour des desseins inavoués mais faciles à deviner?
En effet, ce vendredi, comme à l’accoutumée, la télévision algérienne a transmis l’intégralité du prêche prononcé lors de la prière spécial-vendredi. Un prêche qui a permis à l’imam de se montrer virulent, intransigeant et intolérant sur la consommation de l’alcool. Un prêche qui fait peur en ces moments où des esprits haineux s’échauffent à interdire la vente des boissons alcoolisées.
Un prêche qui est très mal venu en ce sens que la misère sociale n’est point la consommation de l’alcool, en ce sens que la consommation de l’alcool relève de nos libertés!
Mais pourquoi cet imam ne rappelle-t-il pas ses fidèles sur les méfaits de la corruption et de son interdiction par l’Islam, en ce moment précis, où, à Blida, à Alger, les procès du siècle ont lieu ?
Le discours de ce vendredi est très mal inspiré, très mal intentionné, il est incitateur et fait craindre des dépassements et des dérapages lorsque des oreilles, très réceptives et friandes des demi-mots, le capteront.
Ce discours est très mal venu, en ce vendredi 8 mai 1945, pour s’attaquer à l’alcool et laisser en deuxième position, une commémoration que les autorités ne cessent de nous rappeler, les besoins politiques, à tout moment!
Oui, ce prêche n’a parlé du 8 mai 1945 que lorsque la diabolisation islamique de l’alcool fut achevée!
L’imam a donc parlé trop longuement de l’alcool pour dénoncer, en quelques minutes, les massacres du 8 mai 1945. Eh oui, l’Histoire de l’Algérie, la commémoration des grandes dates, passe après l’interdiction de l’alcool.
Achour Boufetta
