« Partout dans le monde, la presse se trouve tourmentée, diabolisée, persécutée et finalement exécutée et à travers elle, la vérité elle-même qui est jetée aux cachots des oubliettes de leurs forteresses, bâties sur l’injustice, le banditisme sécuritaire, judiciaire ou économique, au grand bonheur de « madame tyrannie », devenue artiste à faire passer le blanc pour noir et la vie des hommes pour dérisoire ».
La presse est un véritable contre-pouvoir, qui s’oppose à la tyrannie, l’arbitraire et à l’injustice des institutions de l’État. Surtout, lorsque celles-ci sont défaillantes et n’arrivent plus à faire leur travail convenablement, conformément à l’institution, ou qu’elles se trouvent paralysées par une gestion verticale, elle cherchent désespérément à cacher la vérité à l’opinion publique et persiste à contrôler le flux d’informations qui lui est destiné.
Cette obsession de vouloir gérer, contrôler ou même, interférer dans le fonctionnement de la presse, via des avantages alléchants, octroyés par-ci, par-là, ou usant du chantage judiciaire ou économique et /ou des contraintes exercées par des groupes de pression, qui possèdent de longs bras dans les rouages des Etats et des langues qui parlent à leur place et défendent leurs positions.
Partout dans le monde, la presse se trouve tourmentée, diabolisée, persécutée et finalement exécutée et à travers elle, la vérité elle-même est jetée aux cachots des oubliettes de leurs forteresses, bâties sur l’injustice, du banditisme sécuritaire, judiciaire ou économique, au grand bonheur de « madame tyrannie », devenue artiste à faire passer le blanc pour noir et la vie des hommes pour dérisoire.
Dans cette guerre imposée par l’injustice, le cafouillage médiatique, orchestrée par « madame tyrannie », la presse semble s’inscrire dans un temps qui n’est plus le sien, une ère qui affiche une peur terrible et maladive à l’encontre de l’information et dans un monde qui, de plus en plus, réfute la netteté et la clarté dans la gestion de la chose publique.
Des temples de la presse écrite et des médias en général, ont été tout bonnement démantelés et liquidés, justes pour avoir osé toucher à « l’intouchable » et à des thèmes proscrits.
Malheureusement, ceci ne semble pas être l’apanage des régimes arabes. Certains pays occidentaux, de la rive nord–méditerranéenne notamment, hormis l’Italie. Semblent eux aussi, craindre quelque chose et dans la gestion interne de leur pays et dans le rapport « flou » qu’ils entretiennent avec cette partie du monde, en matière de chantage, d’hégémonie ou de complicité flagrante dans des crimes économiques, sécuritaires et politiques, qui pèsent sur notre dos.
Chez nous, la floraison de la presse écrite au sein du paysage médiatique national en 1988 notamment, a été bénéfique pour le pays et son image. Alors que les années 90 furent malheureusement et sans aucun doute, des années de deuil pour la presse algérienne, où quelque cinquante-sept journalistes ont été lâchement assassinés par les mains répugnantes du terrorisme religieux, cinq autres journalistes, seront comptés parmi les disparus.
Malgré tous les sacrifices, le lourd tribut payé à la liberté d’expression, la presse algérienne se trouve, hélas, confrontée à une menace singulière ; d’une part, le pouvoir judiciaire, censé la protéger, mais qui l’a curieusement placé dans sa ligne de mire et qui trouve une facilité déconcertante à s’immiscer dans la chose médiatique et bien sûr le terrorisme, son ennemi de toujours. Elle se trouve, donc, comme prise sous des tirs croisés.
Je trouve que cela est une grande faiblesse de notre système médiatique national, tous supports confondus. En effet, l’implication du judiciaire dans la presse, qui avait condamné de 2002 à 2009 plus de 250 journalistes et correspondants de presse, est une précédent inadmissible. Heureusement l’amnistie présidentielle, en faveur de ces derniers, venait sauver l’image de l’Algérie, gênée devant les instances internationales, elle fut tout de même bien accueillie.
Mes pensées sincères, vont donc, à l’adresse de tous les journalistes emprisonnés, jugés et aux médias qui se sont retrouvés dans l’embarras, pour des articles écrits ou des émissions satiriques ou critiques, anodines et je cite en particulier, les chaînes Atlas et El Jazairia, avec son émission « Week-End » et aux journalistes injustement privés de leur liberté, juste pour avoir osé prononcer » ce proscrit inconnu et maudit » dans ce pays.
S’ils devraient y avoir d’autres sujets « médiatement proscrits » en Algérie, autres que ceux qui sont liés aux invariants déjà connus. Ils doivent faire l’objet d’un consensus de l’ensemble de la profession, du spectre politique dans toute sa diversité et ses divergences, mais aussi, de la société elle-même, c’est-à-dire, inscrits explicitement ou implicitement dans une sorte de charte d’honneur.
Finalement, la presse doit observer un minimum de retenue et de prudence, s’agissant de la vie privée de tous les citoyens, sans exception, qu’ils soient responsables ou non. En effet, et avant qu’elle ne soit légale ou juridique, la limite de la liberté d’expression est plus particulièrement d’ordre moral et éthique.
Mourad Chaalal
