Le Matin d'Algérie

Abdelmadjid Sidi Saïd fait dans l'invective

Hier, la télévision algérienne nous a montré un Sidi Sadi pitoyable, tel une bête qui se sent menacée par la perte de sa proie par plus fort qu’elle!

« Je le dis haut et fort, vive Bouteflika! Ne soyons pas complexés ! » L’homme est égal à lui-même. Fidèle serviteur du puissant du moment et oublieux des travailleurs qu’il est censé représenter.

Mais le chef du syndicat maison est un mauvais élève. Il ne retient que ce qui l’intéresse. Complexés par qui, vis-à-vis de qui Monsieur Sidi Said ? Je pensais que ce 1er mai était une journée commémorative du combat, du parcours, des sacrifices suprêmes consentis par des femmes et des hommes dignes de ce nom face à l’esclavage, à l’exploitation sauvage du 19 siècle.

Grace à ces femmes, à ces hommes, dont vous ignorez tout, de leur histoire, de leur combat, de leur engagement à arracher leurs droits, de leur amour pour la liberté, de leurs souffrances, aujourd’hui nous ne travaillons que 8 h par jour, que nous nous reposons à chaque fin de semaine, que nous avons un congé annuel, que nous avons droit à des congés de maladie….!

Ce 1er mai n’a rien à voir avec ce président, du reste absent car impotent, par la faute de qui vous aviez dilapidé l’argent des travailleurs, quelques 10 milliards pour les placer chez Khalifa Bank!

Ce 1er mai n’est pas une journée pour encenser un homme qui n’a jamais été un salarié pour pouvoir savoir ce que veut dire travailler 8 bonnes heures dans la journée!

Ce 1er mai n’est pas une journée d’encensement d’un président qui s’est fait entouré de ministres coopérants, impliqués dans des affaires de corruption, ni d’insultes contre celles et ceux qui ne revendiquent que leurs droits de citoyens algériens!

Seuls l’affolement, la panique, la peur d’avoir à perdre les faveurs de vos maîtres, à rendre des comptes devant cette colère populaire qui avance doucement mais surement, peuvent expliquer votre haine qui « bavait » de votre bouche, ce 1 mai 2015, à El-Oued!

Aussi, pensais-je, que le rôle naturel d’un syndicat est de prendre ses distances vis-à-vis du pouvoir politique! Je pensais surtout qu’un syndicaliste n’a pas à engager les syndiqués dans le soutien politique d’un homme fut-il président de la république!

Qu’aviez-vous fait des sensibilités politiques des travailleurs algériens? De quel droit les amarrez-vous dans le giron RND/FLN, deux partis usurpateurs, l’un de la conscience nationale, l’autre de la lutte anti-terroriste ?

Ce 1er mai vous condamnera et l’avenir nous le dira, car, et vous le savez, on ne trompe pas un peuple tout le temps.

Ce 1er mai n’est pas votre propriété! Il est algérien, africain et universel! Il appartient à tous les travailleurs algériens et, si le président voulait, à cette occasion, s’adresser aux travailleurs, qu’il le fasse sans passer par vous, par votre syndicat-maison que vous avez vidé. Les travailleurs ont fui l’UGTA, il y a de cela bien longtemps. Lorsque Benhamouda tomba devant la maison du peuple, à la place du 1 mai, les travailleurs comprirent que ce syndicaliste intègre dérangeait.

Vous avez dépassé l’âge de la retraite et vous vous accrochez au poste de secrétaire général, vous y êtes depuis….18 ans ! Une éternité.

Les acquis des travailleurs que vous déclarez « cadeau » de Bouteflika sont les résultats des sacrifices, des combats des travailleurs ayant créé des syndicats autonomes! Des syndicats conscients, consciencieux, combatifs, altruistes, décidé mais réprimés!

Pour ne parler que de la fonction publique, je citerai celui de l’éducation, le SATEF, qui avait drainé des milliers de travailleurs à Alger, en 1990 et celui de la fonction publique, le SNAPAP.

Avant de voir nos fiches de paie améliorées, vite rattrapées par la hausse des prix, sachez que nous avions souffert des ponctions sur nos salaires, des poursuites judiciaires que vous n’aviez jamais dénoncées, des menaces de licenciements!

Cadeaux ? Vous vous moquez vraiment de la sueur, du combat, du courage et de la maturité de celles et de ceux qui ont bravé les intimidations de l’administration, lutté contre le terrorisme et celles et de ceux assassinés pour nous voir, aujourd’hui, imposer une réconciliation qui dope les criminels à bomber leurs torses devant leurs victimes d’hier.

Alors, de grâce, remontez sur la balance et regardez bien le chiffre que celle-ci indique: poids mouche.

Achour Boufetta

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