Une statue de l’imam Abdelhamid Ben Badis, figure du courant des Oulemas en Algérie et référence spirituelle pour l’Etat, a été déboulonnée mardi par les autorités à Constantine, dans l’est du pays, une semaine après son installation.
Le jour où elle avait été érigée, un journaliste de l’AFP a vu que la statue était la cible de comportements irrévérencieux de la part de badauds. Certains lui ont placé une cigarette dans la bouche, d’autres lui ont mis un téléphone portable à l’oreille.
Le wali de Constantine a reçu ordre de la présidence de la République de déboulonner la statue, a déclaré mardi à l’AFP une source proche du commissariat chargé d’organiser la manifestation Constantine, capitale de la culture arabe, dans le cadre de laquelle la statue avait été érigée.
Je réponds aux désirs des citoyens et des personnes qui ont jugé que l’oeuvre n’est pas représentative, puisque, selon eux, elle renferme plusieurs imperfections, a justifié le wali, cité par l’agence APS. Il a en outre lancé un appel aux artistes constantinois pour réaliser une oeuvre de substitution. La statue déboulonnée était l’oeuvre d’un artiste portugais.
Selon la presse, la famille de Ben Badis s’est montrée critique sur la qualité esthétique de l’oeuvre. Et l’association des oulémas qu’il avait fondée a rappelé que l’imam se serait lui-même opposé à l’érection d’une statue à son effigie du fait qu’il pourfendait le culte de la personnalité.
L’imam réformiste Ben Badis (1889/1940) est le fondateur de l’association des oulémas algériens. Au-delà de ses activités spirituelles, Ben Bais a fondé en 1939 le club de football du Mouloudia ouloum de Constantine (MOC). Il est décédé le 16 avril 1940. Une date choisie par le pouvoir pour fêter la science.
Cet anniversaire a coïncidé cette année avec l’inauguration de « Constantine, capitale de la culture arabe ». Une manifestation lancée en grande pompe par le Premier ministre alors que la population se débat dans d’inextricables problèmes de logements, de circulation, etc. Cette manifestation de prestige coûtera 7 milliards de dinars.
L.M./AFP
