Le Matin d'Algérie

Un coup de Bouteflika ?

J’ai lu l’article de La Stampa du 6 juillet (traduction). A ma connaissance, c’est la première fois qu’une source occidentale fiable fait état de l’implication d’une fraction des services dans la manipulation du terrorisme au profit du régime. Tant qu’il s’agissait de déserteurs de l’armée ou du DRS, de surcroit demandeurs d’asile, on pouvait légitimement mettre en doute leur témoignage. Le témoignage du diplomate occidental recueilli à Helsinki ne peut lui être frappé de suspicion sans raison valable et doit donc être pleinement pris en considération. On y apprend entre autres choses que « l’émir Djamal Zitouni, un vendeur de poulets notoirement inculte, a été infiltré par le DRS au sein des milieux islamistes », que le communiqué n° 44 du GIA est « un faux document, maladroitement construit par des mains militaires », que « le numéro 43 s’était révélé encore plus faux avec des citations erronées de versets coraniques », qu’en 1993, la prise en otages de trois fonctionnaires du consulat français et leur libération trois jours plus tard n’a été qu’une mise en scène organisée par l’armée et que la capture des moines n’était qu’une répétition à grande échelle de cette première opération, mais qui s’est terminée par une bavure. Bref un témoignage accablant! Certains font remarquer que la publication de ce témoignage, à ce moment précis, sert objectivement les intérêts de Bouteflika, ce qui laisse supposer que, directement ou indirectement, il serait donc derrière. Cela lui permettrait d’exercer ainsi une sorte de chantage sur les généraux encore réticents à soutenir sa candidature pour un troisième mandat. Cette hypothèse parait peu vraisemblable car, d’une part, l’implication de l’armée dans cette « bavure » dessert également Bouteflika, officiellement ministre de la Défense, chef suprême des forces armées et qui a été intronisé en 1999 par l’armée comme le candidat « le moins mauvais ». De plus, le témoignage du diplomate occidental corrobore ceux déjà enregistrés des déserteurs algériens, au moins sur les faits essentiels. Or il est invraisemblable qu’un diplomate occidental ait pu se prêter à une mystification aussi grossière, en « inventant » des faits aussi graves. La presse algérienne, hormis lematindz, n’a encore fait aucune allusion à l’article de La Stampa.

IKOSIM

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