Le Matin d'Algérie

L'officialisation de tamazight dites-vous ?

Depuis quelques jours, avec l’annonce politicienne de la révision constitutionnelle, l’on ne cesse de ressasser de l’imminence de l’officialisation de tamazight.

Parler donc de l’officialisation d’une langue première, d’une langue qui est celle des premiers habitants de l’Algérie nous autorise à affirmer que cette même langue a été victime d’une injustice manifeste.

Qu’on ne vienne pas, aujourd’hui, nous dire que le président de la république, du reste absent mentalement et physiquement, décide d’officialiser la langue amazighe, comme s’il offrait un cadeau à un peuple ancestral, comme par enchantement, comme par pitié…!

Autrement, comment et pourquoi avoir attendu si longtemps, vu tant de sacrifices, imposé une telle autarcie, un tel mépris, untel déni, pour venir aujourd’hui, parce que contraint par des intérêts politiques et politiciens, pour dire que Tamazight est langue officielle?

Dans bien des cas, et le cas algérien sur la reconnaissance de la langue berbère comme langue officielle, toute reconnaissance est en elle-même un aveu d’une grande injustice ! Et ne pas la reconnaitre l’est tout autant.

Autrement pourquoi cette reconnaissance ? Le pouvoir algérien, incarné par l’arabo-islamisme, sait jeter du lest lorsque ses intérêts sont menacés, d’une manière ou d’une autre, parfois, en par anticipation. La reculade au profit du courant islamo-conservateur et le lâchage de Benyounès sur la vente de l’alcool en est la plus frappante illustration.

Aussi une cause identitaire aussi juste n’a vraiment nullement besoin de discours, fût-il attendrissant !

Achour Boufetta

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