La famille Matoub doute de la culpabilité des assassins présumés qui vont être présentés aujourd’hui au procès. La présidente de la fondation, Malika Matoub, n’a pas mâché ses mots. Elle refuse de cautionner une parodie judiciaire, comme elle déclare que dans ce pays, les fusibles ont assez sauté, allusion faite aux deux terroristes inculpés depuis 8 ans sans procès à ce jour. Elle s’interroge, comment a-t-on injecté les deux personnes en question dans le procès? Elle précise qu’elle se constitue partie civile et demande à ce qu’un travail en amont soit minutieusement fait, elle affirme ne pas changer de rôle et ne demande nullement la liberté des deux terroristes. L’appréhension de la présidente de la fondation sur la nature de ce procès ne souffre aucun ambage. La promesse faite par Bouteflika le 2 septembre 99 sur la tenue du procès vient de se réaliser, avant de rappeler que Rachid Aïssat, alors conseiller du Président, en la recevant en 2001, lui déclarait que 8 terroristes ont assassiné Lounès Matoub, trois en fuite et 5 morts, et de s”interroger alors sur les deux présumés assassins qui croupissent depuis 8 ans en prison et présents aujourd’hui au procès.
Elle affirme que Chenoui et Medjnoun sont des détenus par injonction extérieure et non par procédure judiciaire. Elle rappelle que les Patriotes du RCD qui ont présenté à la veuve de Lounès, alors hospitalisée à Tizi-Ouzou, des photos des présumés assassins de Matoub Lounès, qu’ils soient présents aujourd’hui au procès. Dans le contenu de la déclaration de la famille Matoub, rendue publique, il est demandé de “ déterminer les circonstances et les commanditaires de ce crime qui n’a pas encore livré tous ses secrets.” Comme il est utilisé des termes acerbes contre la justice, soumise aux pouvoirs publique et qui n’est qu’un bouclier du système et se ses relais en Kabylie. Trouvant que, depuis 1998, la procédure pénale concernant l’affaire de Lounès a été entièrement bafouée, elle déclare en termes nets que “le procès des candidats à l’inculpation a été programmé il y a de cela six semaines mais l’information n’a été rendue publique que depuis 10 jours, sans aucune référence à la victime”.. “Ce 9 juillet 2008, sans tenir compte de toutes nos doléances, le dossier qui “patientait” depuis 2001 est réintroduit tel qu’il a été élaboré dès le départ pour le “boucler” définitivement à 43° à l’ombre.”
Source: Dépêche de Kabylie
