Aussi compétentes et de bonne volonté soient-elles, Mme Benghebrit, ministre de l’Éducation et Mme Labidi, ministre la Culture, peuvent-elles mener à bon terme les changements et les réformes nécessaires dans leurs secteurs respectifs ?
Soyons réalistes et ne nous berçons pas d’illusions. Dans le passé aussi, il y a eu des ministres compétents, mais n’ont jamais pu réformer quoi que se soit dans leurs secteurs et c’est tout aussi valable pour aujourd’hui, sinon pire. Certes, la compétence est un élément essentiel et indissociable pour une bonne gouvernance, mais quand vous avez une feuille de route édictée et imposée d’en haut (le pouvoir) sur la table du gouvernement, où est votre marge de liberté d’actions et de propositions ? Compétence ou pas, vous êtes astreint à obéir et à concocter un programme en fonction des orientations politiques qu’on vous ordonne.
Et à mon grand regret, dans un pays foncièrement antidémocratique et autocratique comme le nôtre, nos ministres sont réduits au stade de vulgaires instruments pour œuvrer dans des réformettes conjoncturelles et sans lendemain et surtout, faire croire à la volonté de changement prôné par le pouvoir, tel est le code politique et moral de notre nomenklatura.
Il n’y aura ni changements réels ni progrès tant que le système politique et ses méthodes de gouvernance archaïques et autoritaires ne sont pas radicalement réformés en priorité. On ne peut faire du neuf avec du vétuste !
S. Guenifi
