Le Matin d'Algérie

L’apartheid en gestation à Alger

Il y a des pratiques que nous saurons taire, ni faire passer sous silence. Notre pays vit des moments graves et des dépassements insoutenables.

Quand nos policiers agressent et tabassent des citoyennes qui manifestent pacifiquement à l’occasion de la célébration du 8 mars en mémoire des victimes de la décennie noire et quand ces mêmes policiers s’érigent en défenseurs zélés des terroristes islamistes, c’est un parti-pris flagrant qui confirme clairement le choix politico-idéologique de nos dirigeants qui s’ingénient à maintenir le statu quo avec comme ambiance de fond la réémergence du discours islamo-intégriste (comme aux années 1990) et la protection de ses instigateurs. Grâce à la bénédiction du régime et de la complicité des pseudo-démocrates et aux opportunistes de tous bords, les bourreaux d’hier ont pris la place de leurs victimes.

Ce qu’a vécu et subie Cherifa Kheddar, présidente de l’association Djazaïrouna, durant cette manifestation et au commissariat, est indigne, inacceptable, intolérable voire de la haute trahison non seulement à son égard, mais à toutes les victimes de la barbarie intégriste et au peuple algérien dans son ensemble. Ces graves dérapages ne doivent pas restés impunis et leurs auteurs doivent répondre de leurs actes devant la justice (si tant est qu’elle puisse s’autosaisir) d’autant plus qu’ils sont censés représenter la loi qu’ils ont outragée. Le tout encore une fois, si bien sûr les autorités sont animées d’un minimum de volonté de justice. Mais ne soyons pas naïfs, contentons-nous à défaut, d’inscrire cette affaire dans l’actif de notre bienveillante police !

S. Guenifi

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