Le Matin d'Algérie

Le Soir d’Algérie : "Succès retentissant de Mohamed Benchicou à Bejaïa"

Accompagné de son épouse Fatiha, Mohamed Benchicou a rencontré, ce jeudi après-midi à la librairie La plume d’Or de Hassissen, place Gueydon, ses lecteurs dans la wilaya de Béjaïa à l’occasion de la vente-dédicace de son dernier ouvrage Je pardonnerai. Un recueil de poèmes écrits à la prison d’El-Harrach durant ses deux années de détention suite, rappelons-le, à la publication de son livre Bouteflika, une imposture algérienne.

Une biographie dérangeante considérée comme un blasphème contre le président et qui aura valu à Benchicou deux années d’emprisonnement, la mise à mort du journal qu’il dirigeait Le Matin, une autre voix résolument au service de la démocratie, dénonçant les islamistes et la mafia au pouvoir qu’il fallait à tout prix faire taire.

A sa sortie de prison, Benchicou n’a pas pour autant plié. Il est resté digne, débout… «On peut arrêter un homme mais jamais ses idées.» Il a résisté aux affres de la privation de liberté qu’on lui a injustement infligée. Benchicou s’en est sorti grandi de cette douloureuse expérience.

En effet, cette troisième virée à Béjaïa, après une précédente signature de deux premiers livres, Bouteflika, une imposture algérienne et les Geôles d’Alger, a connu un succès retentissant. Il y avait beaucoup de monde à la librairie du sympathique Hassissen. Ses admirateurs se sont déplacés des différents coins de cette région du pays pour exprimer au directeur du Matin toutes leurs marques de sympathie et de reconnaissance pour son engagement et son combat en faveur de la démocratique.

Durant toute l’après-midi de jeudi, la librairie la Plume d’Or n’a pas désempli. Dans une ambiance conviviale, Benchicou a répondu aux différents questionnements de ses lecteurs autour de sujets de l’actualité politique du pays et notamment sur le sort du journal qu’il dirigeait avant sa détention, Le Matin. Nombre de lecteurs n’ont pas manqué de l’interroger aussi sur le titre de son ouvrage Je pardonnerai. Un titre choisi par son éditeur alors qu’il avait opté initialement pour J’ai épousé la plus belle illusion de mon père, selon lui. «Je n’ai pas dit que je pardonnerai à mes bourreaux, ce n’est pas dans ce sens», a expliqué Benchicou. «Mon éditeur a raison de faire de ce petit poème un parallèle, du point de vue de la symbolique, d’une ode célèbre de Bachir Hadj-Ali. Sauf que moi, sans avoir aucunement la prétention de me comparer à ce grand homme, ni d’être passé par les épreuves auxquelles il avait été soumis», tenait-il à préciser. D’une voix un peu fatiguée mais avec un regard pétillant d’espoirs et de convictions, Benchicou, sollicité pour connaître son analyse de la situation politique du pays, s’est contenté de répondre : «Je crois que c’est bientôt le bout du tunnel.» «Le bout du tunnel pour tous ces gens qui paient le prix de la liberté.»

Signalons, par ailleurs, qu’un maillot aux couleurs de la JSMB après sa consécration en Coupe d’Algérie a été remis à l’occasion de la vente-dédicace à Mohamed Benchicou par des dirigeants de la JSMB.

A. K.

Source de cet article :

https://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/06/28/article.php?sid=70125&cid=2

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