L’association Adra qui soutient et accompagne les chibanis du Foubourg Saint Antoine, Paris. Elle se dit choquée et scandalisée par l’intervention de la police jeudi matin pour « déloger » les chibanis »,elle dénonce ces pratiques.
La préfecture de Paris a osé ! Elle a envoyé des policiers pour réveiller manu militari de vénérables retraités algériens et marocains de leur sommeil pour les embarquer ailleurs. Dans un hôtel meublé. La décision prend de court tout le monde : les chibanis eux-mêmes qui fêtaient samedi leur victoire contre la marchande de sommeil auquelle ils payaient leur loyer, la ville de Paris qui a enclenché la procédure de relogement de ces retraités et les associations qui les accompagnent, C’était l’incompréhension totale parmi la cinquantaine de manifestants qui se sont rassemblés contre cette procédure d’expulsion.
L.M.
Nous avons reçu le communiqué d’Adra qui rappelle la situation
« En plein hiver à Paris, les CRS ont débarqué peu avant 7h30 pour déloger nos 33 chibanis Algériens, suite à une décision de justice. Ils se voient héberger dans un immeuble géré par l’association Aurore en attendant une proposition de relogement d’ici le 30 juin 2015. L’association Algériens des deux rives et leurs amis est choquée et scandalisée, dénonce ces pratiques.
Nos chibanis, ces retraités immigrés, ces invisibles de la République ont vécu pendant de nombreuses années au sein d’un hôtel insalubre situé au 73, rue du Faubourg Saint-Antoine dans le 11ème arrondissement de Paris.
Épuisés par une vie professionnelle physique et ardue, beaucoup de ces retraités sont aujourd’hui malades et ont sombrer dans la dépression… L’association ADRA appelle tous les responsables politiques en France à faire preuve de reconnaissance et les somment de trouver une solution de relogement dans les plus brefs délais, pour permettre à ces chibanis de vivre dignement.
Nous interpellons aussi les pouvoirs publics algériens à renforcer les accords de coopération avec la France pour trouver des solutions durables pour mettre fin à de telles situations. Actuellement, un chibani ne doit pas séjourner plus de 6 mois et 3 jours en Algérie et doit revenir en France s’il souhaite être inscrit au régime de sécurité social. Une loi qui ne s’applique pas aux retraités français partis vivre à l’étranger une retraite ensoleillée comme on peut en voir au Maroc…
Ne serait-il pas plus humain, responsable et normal de permettre à ces retraités étrangers ayant contribué à la construction de ce pays à l’après-guerre de pouvoir vivre dignement leur retraite dans leur pays d’origine tout en ayant la possibilité de continuer à percevoir leurs indemnités retraites et bénéficier des soins de santé en France ? »
Yougourthen Ayad
Président de l’association Adra
