Le Matin d'Algérie

Le FFS renvoie aux calendes grecques sa conférence nationale

Nous publions des extraits de la déclaration de Mohamed Nebbou, premier secrétaire du FFS, au forum du quotidien Liberté

Pétrole. « (…) Permettez-moi d’abord, d’attirer votre attention sur le climat qui règne dans le pays ; ce climat est né de la conjonction d’événements nationaux et internationaux. La baisse importante et durable des prix du pétrole a semé l’appréhension et l’inquiétude dans l’ensemble de la population. Ce scénario avait été souvent évoqué, mais il a quand même surpris les Algériennes et les Algériens et peut-être même le gouvernement.

Il est difficile à l’heure actuelle de mesurer toutes les conséquences de cette situation sur les revenus du pays, sur sa monnaie et ses finances, sur son économie et sur les politiques publiques en général. Bien sur, des marges de manœuvre existent à court et à moyen terme, mais ce ne serait qu’un sursis et le pays devra faire face à une épreuve de vérité qui est la diversification de son économie.

Pour l’instant, nous n’avons qu’une vue partielle des mesures prises par le gouvernement. Ce qui est sûr, c’est que l’Etat a choisi une priorité politique claire : rassurer la population pour maintenir la stabilité et empêcher les réactions des catégories sociales, les plus vulnérables à cette nouvelle réalité économique et sociale. Le flou demeure quant aux mesures économiques et sociales qui seront prises ; les dossiers de l’emploi et des prestations sociales sont des sujets sensibles, voire explosifs. Dans tous les cas, le FFS s’élève contre toute mesure qui porterait atteinte au pouvoir d’achat, notamment des populations les plus démunies. »

Gaz de schiste. « Dans le même temps, le dossier des énergies non conventionnelles et notamment, l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures de schiste donne lieu à des mouvements de protestation sur les lieux où les premiers forages ont été pratiqués. Ce mouvement né à In Salah s’est élargi dans plusieurs villes du sud du pays. Pour le moment, la résolution de ce conflit se fait attendre et ce mouvement n’échappe pas aux tentatives de récupération, et le mot est faible. Le FFS considère que les défis de l’avenir énergétique du pays sont l’affaire de l’ensemble des Algériennes et des Algériens.

Ces questions d’intérêt stratégique, liées à la préservation de nos ressources doivent faire l’objet d’un consensus national et d’un devoir de vérité envers notre peuple. Le FFS appelle à entendre et respecter les aspirations légitimes de nos concitoyens du sud pour préserver notre environnement et nos ressources. Le FFS considère que les ressources du dialogue ne sont pas toutes épuisées ; il appelle les pouvoirs publics à réunir les conditions pour assurer un dialogue transparent, objectif et serein, comme il appelle toutes les parties à ne pas attiser et amplifier les peurs pour radicaliser un mouvement par ailleurs pacifique et légitime.

Découpage. « Le nouveau découpage administratif annoncé ne serait qu’une réponse partielle et sans doute insuffisante aux problèmes de développement de la région du sud, notamment et ne devrait pas constituer une tentative de déplacement du débat posé par les populations locales. »

Laghouat. « Comment ne pas être sensible, comment ne pas protester devant l’injustice et la sévérité des verdicts prononcés contre des jeunes chômeurs de Laghouat ; n’est-on pas là, devant une judiciarisation du politique ? »

Pression. « Que penser des pressions pour une plus grande ouverture de l’économie ? Quelles seraient les conséquences politiques ? N’est-on pas en présence d’un deal ou au moins d’une jonction entre le politique et l’économique et le syndical ? »

Consensus. « Je voudrais maintenant aborder un sujet qui nous tient à cœur et qui retient l’attention de l’opinion publique et de la presse nationale : où en est l’initiative du FFS ? Où en est à la préparation de la Conférence Nationale de Consensus (CNC) ?

Depuis son lancement en avril 2014 la Conférence Nationale de Consensus (CNC) s’est enracinée dans la population et le paysage politique du pays. A travers toutes nos manifestations publiques les Algériennes et les Algériens ont manifesté clairement leur sympathie, leur compréhension, voire leur adhésion envers l’initiative qui s’est déclinée, comme vous le savez déjà, sur deux versons : en direction des partis politiques, de la société civile et personnalités du monde politique, universitaire, culturel et des affaires, pour la tenue d’une conférence nationale de Consensus et en direction de nos compatriotes pour expliquer le projet de reconstruction du consensus national, projet issu du 5e congrès de notre parti, tenu en mois de mai 2013.

A ce jour, l’adhésion de nos instances, de nos structures, de nos cadres et de nos militants ne s’est jamais démentie. A nos yeux, le chemin parcouru, l’expérience vécue à l’occasion des consultations préliminaires entamées depuis le mois d’octobre 2014 ont été pleins d’enseignements ; les échanges avec nos partenaires ont été très riches et nous considérons que ce parcours est aussi important que la conférence elle-même. Il s’agit là d’une vraie entreprise de réhabilitation du politique, du dialogue entre les partis et du dialogue national tout court.

A ce jour, aucun acteur consulté n’a exprimé un refus officiel de participer à cette conférence, même s’ils expriment certaines divergences de point de vue quant à l’architecture et à la préparation de cette conférence ou demandent des compléments d’information où des clarifications supplémentaires. Comme ils estiment que les délais impartis pour la tenue de la Conférence devraient être allongés. Enfin, certaines des acteurs consultés ont exprimé des réserves concernant la participation d’autres acteurs ou veulent s’assurer que la légitimité des institutions ne soient pas remise en cause. Ces demandes diverses ont été présentées abusivement par certains médias comme des préalables à la participation.

En tous cas, le FFS s’est efforcé de lever les appréhensions, les malentendus et les mauvaises interprétations de sa démarche. Il a souligné que s’agissant de la recherche d’un consensus national, de l’organisation d’une Conférence nationale de consensus dans la portée symbolique est très forte, le seul préalable qui vaille était de s’assoir autour d’une table. Il a mis en exergue toutes les dispositions prises en matière de profilage du déroulement de la première session de la conférence (CNC scindée en deux sessions) permettrait de surmonter les obstacles psychologiques, voire politiques qui pourraient se poser. En tout état de cause les discussions restent ouvertes.

Une avancée qualitative appréciable a été réalisée par l’accord de formations politiques pour désigner des représentants de leurs directions à un groupe de contact pour une approche consensuelle de la préparation et des modalités de déroulement de la conférence. Il faut aussi noter que les demandes de participation à la conférence nationale de consensus se font chaque jour plus nombreuses remettant en cause les délais de préparation et la proposition date de la conférence pour les 23 et 24 février 2015.

Nous-mêmes en tant que parti à l’origine de l’initiative et jouant un rôle de facilitation pendant cette phase de préparation avons estimé, après examen et évaluation de la situation que la Conférence Nationale de Consensus (CNC) devrait être reportée à une date ultérieure.

Pour conclure, je voudrais vous convaincre de la sincérité de notre parti et de notre détermination à poursuivre nos efforts, nous sommes plus que jamais convaincus de notre projet, de notre méthode pour reconstruire un consensus national et tenir cette conférence.

Notre but est de mettre en place, de manière collective et consensuelle, un système politique ouvert, édifier un Etat de droit et mettre en place un certain nombre de normes permettant un meilleur fonctionnement de l’Etat et de ses institutions. »

Synthèse de l’intervention de M. Nebbou

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