Le Matin d'Algérie

Manifestation à Alger pour fustiger les caricatures de Charlie Hebdo

C’est une première. Le pouvoir a laissé s’organiser une manifestation à Alger ce vendredi.

Entre deux à trois mille manifestants sont sortis, vendredi, pour scander leur colère contre « Charlie Hebdo », et clamer sans mesurer la portée du slogan : « Je suis Mohamed ». Des mots d’ordre qui rappellent les marches du FIS ont aussi été lancés par les milliers de manifestants.

La marche a débuté de la mosquée de Belouizdad. Les manifestants ont marché jusqu’à la place du 1er Mai. Le plus étrange est l’attitude des forces de l’ordre devant les manifestants. Vendredi, les marcheurs ont progressé dans les rues d’Alger en toute liberté. De la place du 1er Mai la foule devenue compacte et plus importante pour prendre la direction de l’APN.

Il faut rappeler que tous les précédents rassemblements ont été empêchés systématiquement et sans aucun ménagement. Le souvenir des sit-in des militants de Barakat, des professionnels de la santé matraqués ou ceux des étudiants sont encore dans les mémoires. Mais vendredi, on a assisté à tout autre chose. Un étrange spectacle. Les policiers étaient presque sur la défensive. Les islamistes qui ont manifesté en masse contre les caricatures de Charlie Hebdo ont forcé plusieurs cordons sécuritaires. Pire : on a entendu des centaines de voix salué le massacre des caricaturistes de Charlie Hebdo. Dans un pays où une centaine de professionnels de la presse sont morts assassinés par des terroristes islamistes ces slogans qui ont salué l’acte terroriste des frères Kouachi à Paris sonnent comme une énième condamnation des victimes du terrorisme islamiste.

Jusqu’à l’arrivée devant l’Assemblée nationale, rien ne semblait arrêter la foule d’islamistes surexcités. Jusqu’à ce que des jeunes remontés à bloc commencent à lancer des pierres sur les services de sécurité. La situation s’enflamme. Les policiers sont alors intervenus pour repousser les manifestants à coups de bombes lacrymogènes. Quelques manifestants ont par ailleurs été arrêtés au cours des heurts.

Sofiane Ayache

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