Je n’ose pas imaginer ce qui serait advenu du pays si l’arme du tueur ne s’était pas enrayée. Il aura fallu de peu pour que le funeste complot eût réussi.
Ainsi, après une enquête approfondie, les commanditaires furent confondus, traduits devant la justice et condamnés pour les crimes commis. A partir de là, tout est allé très vite. Le clan qui tenait en otage le pays depuis l’indépendance fut mis hors d’état de nuire. Dès lors, rien ne pouvait entraver la bonne marche de l’Algérie vers son destin.
Après quelques années de pédagogie générale, de franc-parler, et une révision progressiste et moderne de la constitution qui eurent pour résultat une métamorphose totale du paysage politique algérien, des élections présidentielles, législatives et communales furent organisées, portant aux affaires des femmes et des hommes nouveaux, contraints par leur engagement démocratique de rendre compte à ceux qui les ont mandatés pour gouverner le pays. Le Président Boudiaf, préférant donner leur chance aux jeunes qui représentent la majorité des algériens, et en sa qualité de père de cette démocratie naissante, en phase avec ses idéaux, déclina l’invitation à se présenter à la magistrature suprême.
La souveraineté du peuple fut définitivement consacrée. L’Islam soustrait des griffes de la bondieuserie et du charlatanisme. L’armée regagna les casernes, consacrant ainsi la primauté du politique sur le militaire, cher à Abane Ramdane, des décennies après le congrès de la Soummam. La pluralité politique devint une réalité palpable, incontournable et irréversible dans le pays. Les corollaires de cet acquis démocratique se déclinèrent en une ouverture totale du champ audiovisuel, l’Indépendance de la justice par la séparation des pouvoirs, la liberté de presse et d’opinion, une opposition forte, le respect des libertés fondamentales, une société civile pointilleuse, des syndicats libres et représentatifs, etc… Quant au FLN, il fut mis hors de portée des oligarques séniles et revanchards, rejoignant ainsi le musée de l’histoire.
Aussi, l’incompétence, la forfaiture, la corruption, l’ignorance et l’indigence des esprits, telle la lèpre qui ronge et décharne le corps, furent décrétées des maux nationaux et combattus inlassablement et efficacement par toutes les institutions de l’état.
Ainsi, en un peu plus de 20 ans, et avec une bénédiction venue des entrailles de la Terre que sont les hydrocarbures, dont les prix atteignirent des sommets inégalés, et un véritable plan Marchal touchant tous les secteurs de la vie, nous atteignons, aujourd’hui, un niveau de développement similaire à celui d’un pays comme l’Espagne, dans une Algérie apaisée et arrimée définitivement au module des nations qui comptent.
Quant au Président Boudiaf, à 95 ans, il vit toujours parmi les siens, aimé et vénéré par tout un peuple.
A.Mazari
