Le Matin d'Algérie

12 morts dans une attaque armée à Paris contre "Charlie Hebdo" (Actualisé)

Deux hommes armés et encagoulés ont attaqué mercredi le siège de l’hebdomadaire satirique « Charlie Hebdo » à la kalachnikov et au lance-roquette. Cette fusillade a fait douze morts, a indiqué le parquet de Paris. La France a relevé son niveau d’alerte dans la région parisienne au maximum, dit « alerte attentat », ont précisé les services du Premier ministre.

Le bilan du massacre est lourd, extrêmement lourd : il y a eu 12 morts dont deux policers, huit blessés dont quatre dans une situation d’urgence absolue, affirme Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur français. Ahmed, 42 ans, un des deux policiers blessés, a été achevé alors qu’il était blessé.

L’un des deux auteurs du massacre, enregistré a crié en sortant : « On a vengé le prophète Mohammed, on a tué Charlie Hebdo ». La revendication est claire. Elle s’inscrit en droite ligne des attaques que cet hebdomadaire a déjà connues en 2005 qui avait repris les caricatures du prophète Mohammed d’un journal danois.

Ce massage s’est déroulé ce matin de mercredi dans la capitale française. « Vers 11h30, deux hommes armés d’une Kalachnikov et d’un lance-roquette, ont fait irruption au siège de « Charlie Hebdo » dans le XIe arrondissement de Paris. Un échange de coups de feu a eu lieu avec les forces de l’ordre », a expliqué une source à l’AFP. En quittant les lieux, les deux agresseurs ont ensuite braqué un automobiliste Porte de Pantin et percuté un piéton. Jusqu’à l’heure, les auteurs de cette sanglante attaque en plein coeur de Paris sont toujours en fuite.

Cette attaque a visé à liquider tout Charlie Hebdo. Il est manifeste que les tueurs connaissait les habitudes des journalistes de « Charlie Hebdo » puisque le mercredi est le jour de la conférence de rédaction. C’est dire que les auteurs de l’attaque voulaient faire le maximum de victimes.

François Hollande s’est rendu sur les lieux de la fusillade. Le président français, qui a convoqué pour 14h00 une réunion de crise à l’Elysée, a dénoncé « un attentat terroriste » d’une « exceptionnelle barbarie ».

M. Hollande a quitté précipitamment vers 12h20 le palais présidentiel, dévalant le perron suivi de son conseiller en communication Gaspard Gantzer avant de s’engouffrer dans son véhicule escorté par ses services de sécurité

Le siège de l’hebdomadaire satirique, alors dans le XXe arrondissement, avait été incendié en novembre 2011 après l’annonce de la sortie d’un numéro baptisé « Charia Hebdo », avec « Mahomet rédacteur en chef ». Le sinistre n’avait pas fait de blessé. Le site Internet du journal avait par ailleurs été piraté.

Plusieurs messages de condamnations de cette attaque terroriste sont arrivés du monde. La Maison Blanche ainsi que le président de la Commission européenne ont aussi condamné cette attaque armée. Par ailleurs, le Conseil français du culte musulman a rendu un communiqué dans lequel il condamne « avec la plus grande détermination l’attaque terroriste d’une exceptionnelle violence commise contre le journal Charlie Hebdo. Cet acte barbare d’une extrême gravité est aussi une attaque contre la démocratie et la liberté de presse ». En fin de journée, le président Bouteflika a envoyé un message de condamnation de cet acte : « J’ai appris avec consternation l’attaque terroriste perpétrée aujourd’hui contre le siège du journal Charlie Hebdo et qui a provoqué la perte de nombreuses vies humaines. » Le ministère des Affaires étrangères algérien a lui aussi envoyé son message de condamnation de l’attaque terroriste.

L.M./AFP

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