Le Matin d'Algérie

Pour une police au service de la population !

La mort de deux jeunes manifestants à Touggourt est intolérable. La colère et l’indignation ne suffisent pourtant pas, comme il est impossible d’en rester à une attaque contre un commissariat qui aurait mal tourné.

Une enquête a été lancée pour déterminer les circonstances du drame qui a suivi une tentative de faire libérer des manifestants arrêtés par la police après trois jours de rassemblement pacifique pour réclamer une distribution de terrains et l’amélioration de leurs conditions de vie qui sont déplorables.

L’enquête de la DGSN doit être transparente et rapide car c’est une étape obligée vers l’apaisement de la situation. Mais l’escalade de violence qui a conduit à l’irréparable appelle, quoi qu’il ressorte de l’enquête, à une prise de responsabilité des autorités dont le caractère despotique et l’incapacité à rompre avec les intérêts néolibéraux apparaissent à l’occasion de ces décès.

Ce drame illustre l’absence de volonté de dialogue de la part du pouvoir politique. Les autorités locales ou nationales n’ont que la police à envoyer pour répondre à coup de matraque aux revendications citoyennes. On tente ainsi de démobiliser les manifestants pacifiques en attisant la violence.

C’est parce que régulièrement les valeurs de la démocratie sont bafouées que nous en arrivons à déplorer des décès lors de manifestations. Et le refus de certains protestataires de consentir au respect de l’ordre public ne fait que souligner plus largement le déficit de légitimité du pouvoir. Une fois de plus, il apparaît à travers ce drame qu’il n’a pas pris la mesure de la crise démocratique qui frappe l’Algérie.

Dans sa déclaration du 16 octobre dernier, le MDS avait appelé à une «réforme profonde des différents services de sûreté et de sécurité» en déplorant que les policiers soient «utilisés comme béliers, désignés coupables de « dépassements » pour finir sacrifiés sur l’autel de la défense du système».

Au lieu d’aller dans ce sens et réglementer de manière plus précise l’usage des matériels remis à la police, il est à craindre que le pouvoir n’ait exigé des forces de police des consignes d’extrême fermeté en échange des augmentations de salaires qui viennent de leur être consenties à la suite de leur mouvement de protestation.

En exigeant que justice soit rendue et que plus jamais de manifestant ne soit tué lors d’une protestation, le MDS s’incline à la mémoire des jeunes décédés lors de cette tragédie et présente à leurs familles ses condoléances les plus attristées.

Le Bureau national du MDS

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