Le Matin d'Algérie

Bouteflika a quitté Grenoble, Alger garde toujours le silence

Depuis vendredi, l’information sur l’hospitalisation du chef de l’Etat a fait le tour de la planète sans faire réagir les autorités.

Abdelaziz Bouteflika est à son troisième jour d’hospitalisation à la clinique privée d’Alembert à Grenoble (sud-est de la France). En revanche, aucune déclaration officielle sur ce séjour en clinique du président. Alger cultive le silence, au mépris des citoyens qui s’inquiètent. 24 heures après cette hospitalisation, le gouvernement a maintenu la même attitude. Même si l’on peut concevoir que la santé d’un président pourrait relever du secret-défense, il relève d’un devoir de transparence que les autorités donnent des réponses, surtout quand on sait désormais la vitesse de la circulation des informations.

Cependant, c’est la première fois que le gouvernement élude la question de l’hospitalisation d’Abdelaziz Bouteflika. Rappelons-nous en avril 2013, le premier ministre a tout de suite après l’évacuation du président en France fait des déclarations pour rassurer les Algériens. Le médecin qui avait soigné Bouteflika à Aïn Naadja est aussi intervenu dans la presse avec un succès relatif. Mais le black-out entretenu cette fois-ci interroge. Tout d’abord : à qui profite le silence qui nourrit les rumeurs les plus invraisemblables ? Pourquoi le choix de cette clinique de Grenoble alors que le président a été toujours soigné à l’hôpital du Val-de-Grace ? Et enfin, que fait le gouvernement pendant que tous les médias relayent l’hospitalisation du président ? Si c’est seulement pour un bilan de santé de routine, comme l’avancent certaines sources, à quoi bon le suspense ?

En attendant que les autorités donnent des explications aux citoyens algériens, il est en tout cas confirmé, contre toutes les supputations, que le président Bouteflika a bien quitté la clinique groblenoise dans l’après-midi pour Alger après une batterie de tests, semble-t-il.

Hamid Arab

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