Benyoucef Mellouk, qui a fait éclaté le scandale des «magistrats faussaires» et des « faux moudjahidines », a révélé, ce lundi à Alger, les parties qui seraient derrière les « menaces de mort » dont il a fait l’objet ces derniers temps.
« Je suis menacé par le régime et les membres des familles Kafi et Bouteflika », a déclaré Mellouk, lors d’une conférence de presse organisée par le mouvement Barakat au siège du MDS. Il a expliqué que ces « menaces de mort » sont survenues après qu’il eut «cité les noms de Mohamed Lamine Kafi (proche de l’ancien chef de l’Etat Ali Kafi Ndlr) et celui de Baghdadi proche de la famille Bouteflika à Nedroma », dans le dossier des magistrats faussaires.
Et d’ajouter : « Ils (les familles en question) ont tout en main, la justice, les services de sécurité et des mercenaires mais je n’ai pas peur ». Il a affirmé aussi avoir reçu des menaces de la part de l’ancien ministre des moudjahidines, Mohamed Djeghaba. Benyoucef Mellouk a rappelé qu’en 1970, le président Houari Boumediene a signé un décret qui limite l’accès aux postes de responsabilité au sein de l’Etat aux seuls détenteurs de l’attestation communale d’ancien moudjahid et il se trouve, dit-il, que Baghdadi et Mohamed Lamine Kafi, parmi 522 autres cas similaires, ont fourni de fausses attestations pour accéder au postes de magistrats.
Benyoucef Mellouk comparaîtra devant la justice le 8 novembre prochain suite à la plainte déposée contre lui par Mohamed Djeghaba et Mostefa Mohamedi, ancien ministre de l’Intérieur, cités dans l’affaire des magistrats faussaires.
Le mouvement Barakat, selon sa porte-parole Amira Bouraoui, tiendra le jour du procès un rassemblement devant la Cour d’Alger pour exprimer son soutien à Benyoucef Mellouk.
Farouk Djouadi/El Watan du 3 novembre 2014
