Voilà que le ministère de la Culture récidive encore en invitant le chorégraphe libanais Abdelhalim Caracalla pour la cérémonie d’ouverture de « Constantine capitale de la culture arabe » (1).
Sommes-nous à ce point en manque d’artistes ? Une ouverture qui devrait être honorée en principe par les artistes de la ville même ou à la limite de n’importe quelle autre ville du pays comme ça se fait dans n’importe quel pays dont la Culture est avant tout une question de souveraineté quand il s’agit de festoyer un évènement de portée nationale ou d’une quelconque célébration locale. Certes, il faut considérer les artistes étrangers et leur faire honneur, c’est nos invités, mais pas au point de ravaler les nôtres en arrière plan pour servir de décor.
Nos responsables de la culture, ignorent-ils à ce stade les usages et les convenances les plus élémentaires où bien, n’est-ce pas là une volonté délibérée de faire l’impasse à nos artistes devenus du coup des moins que rien ?
On a cru un temps qu’avec la nouvelle ministre que les anciennes pratiques de coulisses, du favoritisme et des réflexes du complexe de dominés allaient disparaître, malheureusement rien n’a été fait pour que ça change, les mêmes pratiques et le même état d’esprit demeurent au mépris de toutes et de tous. Jusqu’à quand ?
Saïd Guenifi, cinéaste
(1) Ce titre est une entorse grave et flagrante à notre patrimoine historique et culturel. Constantine, l’antique Cirta, ne peut être considéré exclusivement comme capitale de la culture arabe, capitale de la culture méditerranéenne oui ! Capitale de la culture ùaghrébine oui ! Capitale de la culture amazigho-arabe oui ! Capitale de la culture Nord-Africaine oui !
