Le Matin d'Algérie

Stephen Harper et François Hollande : le temps arrangera les choses

La visite de François Hollande au Canada du 2 au 4 novembre s’annonce divertissante. Il n’y a possible pas deux hommes plus différents l’un de l’autre que président français et le premier ministre canadien.

Le président socialiste français veut parvenir à un accord global et ambitieux lors de la Conférence sur le climat que la France accueillera en décembre 2015. À l’inverse, le gouvernement conservateur de Stephen Harper a sorti le Canada du protocole de Kyoto en 2011. Son commissaire fédéral à l’Environnement vient de plus d’annoncer qu’il n’est pas en mesure d’atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre qu’il s’est fixé pour 2020. Stephen Harper a délibérément fait avorter toutes les rencontres internationales qui tentaient de créer des règles contraignantes pour diminuer l’émission de gaz à effet de serre.

Bref, face à une France qui veut sauver la planète, se trouve le Canada qui veut augmenter son exploitation des sables bitumineux. À lui seul son secteur pétrolier et gazier devrait émettre 200 mégatonnes de GES en 2020, soit 27 mégatonnes de plus qu’en 2012, une hausse record. Il aura en 2020 des émissions de 734 MT et non de 612 MT. Le protocole de Kyoto lui demandait de se limiter à 558 MT. David Suzuki considère qu’il perd non seulement des plumes sur la scène internationale en raison de ses politiques environnementales, mais aussi sa réputation. L’envoyé spécial du président français pour la protection de la planète, Nicolas Hulot, affirme cependant que la France a «besoin» de ce pays pour réussir sa conférence sur le climat.

Hollande n’aura cependant pas à négocier ni menacer pour avoir l’assurance que le Canada ne ruinera pas sa conférence. Un sondage fait le 19 octobre, soit un an jour pour jour avant les élections fédérales de 2015, donne 38,5% des votes aux libéraux, 26,4% aux conservateurs et 25 % aux néo-démocrates. Un résultat consistant dans le temps depuis l’élection du nouveau chef libéral, Justin Trudeau. Or, les libéraux ont fait entrer le Canada dans l’accord de Kyoto quand ils étaient au pouvoir. François Hollande n’a qu’à attendre le changement de gouvernement pour empêcher Stephen Harper de faire dérailler sa conférence sur le climat.

Michel Gourd

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