Enlevé dimanche soir, à quelques foulées de la célèbre forêt d’Aït Ouabane, Hervé Gourdel, Français venu faire du trek, en Kabylie, a vu son séjour devenu un cauchemar. Et l’enjeu de négociations qui le dépassent.
Depuis que Jounoud al-Khilafa, le groupe armé auteur de l’enlèvement de ce touriste, a posté une vidéo menaçant de mort leur otage, Hervé Gourdel, si la France ne se retire pas de la coalition formée pour combattre l’Etat islamique en Irak, c’est à une véritable course contre la montre que les autorités algériennes, avec leur service de sécurité ainsi que toute la France officielle.
Depuis, l’armée a mis deux fers au feu. Bombardements de forêts escarpées, ratissage mais aussi négociations. « De mémoire de montagnard, je n’ai jamais vu un tel déluge de feu sur la montagne », témoigne un habitant d’un village proche d’Aït Ouabane. Selon des sources sûres, un canal de négociation a été ouvert entre les autorités et le groupe armé Jounoud El Khilafa. Tout est manifestement fait pour ramener Hervé Gourdel sain et sauf dans son pays.
Par ailleurs, le général Ahmed Boustila, commandant de la gendarmerie préside en ce moment une réunion de haute importance en présence du général Hamel et les responsables des services de sécurité des wilayas de Tizi-Ouzou et Bouira, rapport Al Ahdath.
L’enjeu est de première importance pour ne pas dire cornélien, car il est connu que les autorités algériennes refusent toute négociation assortie de rançons avec les preneurs d’otage. Mais là, l’enjeu est ailleurs, il est question d’un citoyen d’une autre nationalité : la France. Et la raison de cet enlèvement, si l’on s’en tient au message vidéo diffusé par Djounoud El Khilafa, n’a aucun rapport avec le pouvoir algérien. Il est question de l’intervention militaire de la coalition américano-française en Irak/Syrie contre les jihadistes de l’Etat islamique. Le message est destiné directement aux autorités françaises qui ont d’ailleurs opposé une fin de non-recevoir aux admonestations du groupe terroriste.
Le temps est donc compté, l’ultimatum donné est fini, reste à savoir si les négociateurs ont réussi à éloigner la menace sur l’otage pour ensuite voir comment le sortir des griffes des ravisseurs. Les heures qui viennent nous le diront.
Yacine K.
