Le ministre des Affaires étrangères algérien a haussé le ton sur une éventuelle intervention militaire en Libye.
L’Algérie ne peut accepter « en aucune façon une intervention militaire étrangère en Libye », a tonné mercredi à Madrid le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra.
Il est vrai que l’Algérie, comme en 2011, se singularise dans le dossier libyen. Même si elle a accepté tacitement l’opération Serval menée par la France au Mali voisin contre les groupes terroristes djihadistes, en 2012, Alger refuse net la politique interventionniste. La conférence internationale de soutien et de développement de la Libye, organisée à l’initiative de l’Espagne a été l’occasion de rappeler cette position. « Le rôle des institutions internationales consiste à aider et ne pas de se substituer (dans les affaires internes des pays souverains). Par conséquent, nous ne pouvons accepter l’intervention militaire étrangère en aucune façon en Libye », a expliqué doctement Ramtane Lamamra.
Pour Ramtane Lamamra qui a offert les services de l’Algérie dans la crise de ce pays reconnait que celui-ci est « en difficulté sérieuse, mais il n’est pas en faillite». Et de préciser que « la solution doit être libyenne et trouvée par les Libyens eux-mêmes ».
En l’espèce, l’Algérie tranche avec la position égyptienne qui affiche un soutien franc, voire militaire, au général Haftar. Alger a, selon certaines sources, fait savoir au maréchal Sissi qu’il ne partage pas ses vues. D’ailleurs la visite du nouveau pharaon, fin juin dernier, alors même qu’il venait d’être « élu » avait pour objectif de convaincre l’Algérie de soutenir le général Haftar, dans sa croisade contre les brigades de Misrata. Le président égyptien aurait reçu le niet d’Alger sur ce dossier. Pas seulement, la position algérienne n’est pas partagée aussi par la France, autre pays qui veut revenir en Libye après son intervention avec la Grande Bretagne il y a trois ans.
Ramtane Lamamra a vivement conseillé les présents à travailler pour « d’aboutir à un cessez-le-feu et d’appliquer l’embargo des Nations Unies ». Le patron de la diplomatie a rappelé que « la Libye dispose d’un parlement élu qui a la légalité de son côté ». Et conseillant au passage : « Pour consolider sa légitimité, il (le parlement) doit pouvoir prendre des mesures d’apaisement, de rassemblement et de nature à créer un climat favorable à un dialogue inclusif et à la réconciliation nationale ».
Cette conférence est organisée sous l’égide des pays du Dialogue 5+5, elle a été élargie aux pays du groupe Med7 et les pays limitrophes de la Libye, des organisations internationales, à savoir la Ligue des Etats arabes, les Nations-Unies, l’Union africaine, l’Union européenne et l’Union pour la Méditerranée, précise un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de Coopération espagnol.
Sofiane Ayache
