La secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Rama Yade, a qualifié de « triste » et « choquant » le procès en Algérie d’une femme convertie au christianisme, disant espérer un « geste de clémence » à son égard, dans un entretien dimanche à Radio J.
« C’est triste, c’est choquant, d’abord parce que cela contrevient à la déclaration universelle des droits de l’Homme », qui proclame dans son article 18 la liberté de pensée, de conscience et de religion, a déclaré Mme Yade.
« Conformément à l’article 18 de la déclaration universelle des droits de l’Homme et conformément à la tradition d’hospitalité de l’Algérie, je crois que ce serait bien d’avoir un geste de clémence », a-t-elle ajouté.
Le procureur de Tiaret, dans l’ouest de l’Algérie, a requis mardi trois ans de prison ferme contre Habiba Kouider, 37 ans, convertie au christianisme et jugée pour exercice illégal d’un culte non-musulman, en vertu d’une loi de 2006. Le verdict est attendu mardi, selon le président de l’Eglise protestante d’Algérie.
« Le christianisme ne menace pas l’islam en Algérie », a estimé Mme Yade. « Les chrétiens en Algérie sont 1% de la population, c’est-à-dire à peu près 11.500 personnes, 32 églises par rapport à 32.000 mosquées, donc je ne pense pas qu’il y ait une menace religieuse ».
La secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme a relevé qu’il ne s’agissait « pas du premier cas de ce type », évoquant celui d’un prêtre catholique français, Pierre Wallez, condamné en avril à deux mois de prison avec sursis pour prosélytisme, par la cour d’appel de Tlemcen (ouest de l’Algérie).
« Mais j’ai confiance dans la tolérance du peuple algérien », a encore indiqué Mme Yade.
