Le Matin d'Algérie

Bouteflika, le porte-document, et la France

On dit que Moubarek a été le porte-document du maréchal Amer et on dit aussi que Boutef a passé une grande partie de la guerre comme porte-document de Boumediene.

Un porte-document ne peut travavaillé que sous les ordres du maitre: une grande puissance pour Moubarek, un pays en voie de sous-developpement pour Boutef.

Voici une citation de Belaid Abdesslam :

Début de citation : « …Début février, voyant Boumediene se préparer à signer les textes de nationalisation (il s’agit de la nationalisation des hydrocarbures décidée le 24 février 1971), Bouteflika a réagit violemment en disant : Vous allez créer avec la France une crise inutile. Moi je suis en mesure de vous rapporter 60% de la production pétrolière. Les Français sont prêts à donner des crédits, etc. mais pas de nationalisation ! Boumediene lui répond : moi, je ne renonce pas ! et en ma (dans l’ensemble de la citation c’est m.Belaid Abdesselam qui parle) présence il lui a dit : Moi, ces 51%, ou bien ils nous les cèdent, ou alors je les prends.

Bouteflika retourne à Paris et là il y a eu quelque chose… Car, il s’est avéré, par la suite, que les Français n’étaient pas convaincus que l’Algérie ferait les nationalisations… Les négociations ont été rompues, à l’initiative des Français, vers la fin janvier-début février. Je  crois bien que c’était en janvier. Ils ont dit : On reprendra après la conclusion des accords entre l’OPEP et les sociétés internationales.

… En dehors de toute ces manœuvres,  sur le plan interne, on avait prit nos dispositions…

Le 23 février au soir j’étais à Tripoli en train de participer à la finalisation de l’accord entre les producteurs méditerranéens et les sociétés pétrolières. Boumediene me téléphone et me dit : C’est pour demain. J’ai compris. Le lendemain matin, le problème du prix étant réglé, j’ai pris l’avion. J’étais à Alger à midi. Les mesures de nationalisations ont été annoncées vers seize heures. Les équipes étaient déjà parties sur les champs. Le soir même, elles étaient à pied d’œuvre à Hassi Messaoud, à Hassi R’mel, etc. Vers vingt-deux heures, celui que j’avais envoyé à Hassi Messaoud m’appelle et me dit : Les Français nous avisent qu’ils quittent le champ dans quarante-huit heures. Je lui enjoins de les faire partir immédiatement. Le lendemain matin, à huit heures, les Français étaient évacués de Hassi Messaoud par avion… Evidemment, les équipes soviétiques étaient derrière nous. Mais, dans l’ensemble, les équipes de la Sonatrach, auxquelles s’étaient intégrés des éléments algériens qui travaillaient chez les sociétés pétrolières, ont suffi, dans l’immédiat, à assurer la continuité dans la marche des opérations de production. De son coté, L’ANP avait affecté dans nos installations pétrolières des promotions entières de l’INH et de l’IAP de Boumer dès, qui se trouvaient sous les drapeaux pour l’accomplissement de leur service national. » (*) Fin de citation.

Nourredine M.

(*) Entretiens avec Belaid Abdeslem, de MM.Bennoune M.et Ali El Kenz ed. ENAG 1990

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