Les plaignants ont eu raison de douter de la crédibilité et de la partialité de la commission ministérielle diligentée à l’université d’Alger 2. Leurs craintes s’avérèrent justifiées, cette commission, en accord avec l’université d’Alger 2, vient d’étouffer le scandale pour ne pas devoir sanctionner des enseignants responsables, amis et collègues.
Sans avoir rendu publics les résultats de l’enquête, cette commission a validé en mai les résultats des concours des doctorats LMD de français ; tout en confirmant, paradoxalement, que des irrégularités ont transgressé la réglementation à tous les niveaux de l’organisation d’un concours de doctorat LMD.
L’un des deux membres de la commission, M. Kahlouche, ex-recteur de l’université de Tizi ouzou, a reconnu à demi-mot qu’ils étaient venus pour étouffer ce scandale. Et, on a appris que l’autre membre, Mme Zerara, est une amie très proche d’une enseignante touchée par le scandale, Mme Yamourayech, l’adjointe à l’ex-chef de département, chargée de la post-graduation.
De ce fait, les candidats d’Alger 2 admis, sans relevés de notes et sans diplômes délivrés justifiant leur succès, ont entamé les cours en fin juin avec les garanties du nouveau doyen des langues et du recteur d’Alger2, M. Merabi, et du son recteur, issus du département d’arabe, dont les scandales et les fraudes sont devenus routiniers.
Des sources internes au département de français nous apprennent que le nouveau chef de département de français, M. Djebli, a invalidé les relevés de notes et les diplômes délivrés par Melle Deridj, l’ex-chef de département, jugés irréguliers. De plus, d’après des responsables d’Alger 2, la responsable du comité scientifique, Mme Ait Dahmane, et l’ex-chef du département passeront devant le conseil de discipline à cause des irrégularités avérées.
Partant de ces éléments, posons-nous les questions suivantes : si la commission a confirmé la validité des résultats des concours, pourquoi donc invalider les diplômes et les relevés de notes délivrés par l’ex-chef de département ? Pourquoi faire passer la responsable du comité scientifique et l’ex-chef de département en conseil de discipline ? Pourquoi et comment admettre les candidats reçus d’Alger2 sans documents justifiant leur réussite ? Pourquoi démettre de leurs fonctions l’ex-doyenne, le vice-recteur chargé de la pédagogie et l’ex-chef de département ?
De leur côté, les plaignants, sans attendre le verdict de la commission ministérielle, ont déposé plainte contre l’Université d’Alger2 auprès du tribunal de Sidi M’hamed d’Alger, après avoir constaté le parti pris en faveur des fraudeurs par les deux membres de la commission.
Samir Lekhal
