Dans le Rapport 2008 sur les Performances des Compagnies Pétrolières et Gazières, premier du genre et qui vient d’être rendu public, Transparency international (TI), ONG de lutte contre la corruption.
Performances des Compagnies étrangères installées en Algérie
Concernant les CPN et CPI opérant en dehors de leur pays d’origine, installées en Algérie par exemple, l’étude obtient les résultats suivants. Dans la catégorie des entreprises « Très supérieure à la performance moyenne dans le pays », nous retrouvons StatoilHydro (Norvège) et Talisman Energy (Canada) ; dans la catégorie « Supérieure à la performance moyenne dans le pays » il y a BHP Billiton (Australie), ConocoPhillips ( USA), Eni (Italie) ; dans la catégorie « Inférieure à la performance moyenne dans le pays » BP (Royaume Uni), Hess (USA), Repsol YPF (Espagne), Woodside (Australie), Total (France) ; et enfin dans la catégorie « Très inférieure à la performance moyenne dans le pays », il y a China National Petroleum Corporation (CNPC, Chine).
L’opacité entretenue autour des richesses générées par l’exploitation des ressources naturelles
Certaines entreprises présentent de manière systématique des informations détaillées par pays, même lorsqu’elles opèrent dans des pays qui ne promeuvent pas la transparence, voire qui restreignent la divulgation des informations, il en est ainsi de StatoilHydro en Angola ou de Talisman Energy en Algérie. La cohérence de la pratique de certaines entreprises, indépendamment du contexte dans lequel elles opèrent manifeste l’impact des choix effectués au niveau des entreprises elles-mêmes et des règles qui régissent l’entreprise au niveau central, qu’il s’agisse de la législation en vigueur dans le pays où est situé le siège de l’entreprise ou dans le pays où l’entreprise est cotée. De plus, on observe que même dans les pays où l’environnement peut être qualifié de très restrictif, tels que l’Algérie, l’Angola, la Guinée Equatoriale et le Kazakhstan, certaines entreprises parviennent à un certain degré de transparence, ce qui remet en cause l’idée selon laquelle les restrictions mises en place dans certains pays ne peuvent pas être surmontées. La lecture des résultats obtenus par les CPI et par les CPN opérant en dehors de leur pays d’origine est riche d’enseignements. Dans certains pays on constate des différences significatives entre les entreprises. Les pays dans lesquels apparaissent les différences les plus fortes sont l’Algérie, l’Azerbaïdjan, la Chine, l’Indonésie, le Kazakhstan, la Malaisie et le Venezuela, ce qui signifie que certaines entreprises font preuve d’une transparence insuffisante, alors que d’autres parviennent à divulguer certaines informations. À l’occasion des opérations conduites dans ces pays, BG Group, StatoilHydro et Talisman Energy obtiennent des résultats qui contrastent fortement avec ceux d’INPEX, de Kuwait Petroleum Corporation, de China National Petroleum Corporation (CNPC), de Petronas et de Lukoil. Cette disparité prouve qu’il est possible d’améliorer la transparence dans ces pays et que les entreprises aujourd’huiles moins performantes pourraient y parvenir.
La SONATRACH obtient la très mauvaise note de 10 sur 58 !
La transparence des paiements effectués par l’industrie pétrolière et gazière peut dissiper l’opacité entretenue autour des richesses générées par l’exploitation des ressources naturelles.Si de nombreuses grandes entreprises semblent aujourd’hui peu enclines à divulguer ces informations capitales, quelques tendances positives émergent de l’étude : un nombre limité mais toutefois significatif d’entreprises publie aujourd’hui une masse considérable d’informations. Les entreprises les plus performantes, parmi lesquelles certaines des premières entreprises mondiales, peuvent constituer un modèle pour l’ensemble du secteur. Le degré élevé de transparence auquel parviennent ces entreprises montre que le secret est moralement et commercialement indéfendable. Il reste toutefois un important groupe d’entreprise dont les performances en termes de transparence des paiements sont faibles. Le manque de transparence de ces entreprises complique la tâche des législateurs, de la société civile et de tous ceux qui cherchent à s’assurer que les revenus tirés de l’exploitation du pétrole et du gaz sont utilisés par les gouvernements dans l’intérêt public.
Sur 58 points maximum par rapport à l’ensemble des indicateurs propres aux Compagnies pétrolières nationales (CPN) – indicateurs mentionnés dans le questionnaire de base du Rapport -, Sonatrach n’obtient que 10 points ! 10 sur 58, note très faible. Sonatrach a encore beaucoup de chemin à faire pour se hisser à la hauteur des Compagnies les plus transparentes.
A suivre : Partie 3
Pour en savoir plus sur le Rapport 2008, édition française, 80 pages, il faut consulter le siteInternet suivant https://www.transparencefrance.org/e_upload/pdf/rapport_prt_en_francais.pdf>, ou édition anglaise sur le site web < www.transparency.org>
