Le Mondial de foot 2014 est sur le pas de la porte.
Or, nous regrettions depuis des décades la dérive définitive de notre sport, argentière et propagandiste politicarde, qui tendait irrémédiablement à réduire le foot à un spectacle mécanique ultra perfectionné,d’acteurs perfectionnistes à en bailler, un joujou de « chouchoutes précieuses » comptant de plus en plus comme un loisir de manifestations scéniques de masse, à l’adresse sélective réductrice de riches oisifs. Occupant des travées de tribunes officielles, déplus en plus vastes, noyées dans le luxe et l’apparat d’opérette.
La crainte d’une issue sinistre, et désolée, tel ce qu’il en est devenu finalement du théâtre populaire de Molière, le classique des noubas de quartiers du temps de Titma, Cheikh Nador, M’Rizek, de l’opéra napolitain dénaturé américanisé …
Que non, mon frère !
La vieille pratique du ballon de rue, le jeu des pauvres, a délivré ses malédictions et quelques autres bénédictions, encore et encore …
Des scandales retentissants qui entachent à l’échelle universelle, la machine tentaculaire à spectacles d’essence purement financière, les implications des équipementiers, tous les arrangements qui réduisent le foot de notre enfance, à une vaste manipulation de laboratoire, avec des souris bien nourries pour la piquouse qui rapporte gros.
Autre calamité, à échelle nationale le foot associatif libre et populaire, confisqué pour délivrer le message extra sportif, est vidé de sa substance régénératrice et de sa mission cardinale, éducative de brassage intergénérationnel.
Le spectacle s’est déplacé, du terrain de jeu vers les gradins de la vocifération et plébiscites inappropriés.
Mais aussi bénédictions.
Des puristes en quête de récupérer leur foot à eux grossissent partout la revendication.
Tels ces petits abonnés de clubs espagnols et à la misère d’une Europe naufragée, ces chômeurs à vie des ghettos des cités industrielles défuntes de Grande Bretagne, ces laissés pour comptes des favélas brésiliennes, ces grosses manifestations populaires qui perturbent le mondial actuel !
Nous suivrons avec un intérêt particulier cette édition 2014.
Au double plan, sportif et de société, car l’histoire nous enseigne que le foot est capable de susciter l’exploit impossible.
Farid Talbi
