Le Matin d'Algérie

Divisions au sein du clan Bouteflika

Faut-il envisager des élections législatives anticipées ? Politiquement, l’opération n’a aucun intérêt : une assemblée docile à remplacer une autre.

Mais dans la tête du concepteur en chef, Bouteflika, l’initiative permettrait de faire changer de majorité et de la transférer au futur parti de… Saïd Bouteflika. C’est l’idée, encore inavouable, du chef de l’Etat. Pour l’heure, il s’agit de préparer les opinions par des premières rumeurs. C’est ce à quoi s’attèlent les lieutenants les plus zélés de Bouteflika, parmi lesquels Amara Benyounès, soutien inconditionnel du président, président du Mouvement populaire algérien (MPA) et accessoirement ministre du Commerce, qui s’est largement exprimé en faveur de l’organisation d’élections législatives anticipées. Il est relayé dans la besogne par la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, qui affirme à qui veut l’entendre en avoir discuté avec le président. Tout cela ne fait pas rire le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, autre soutien inconditionnel du président et qui, à l’occasion d’une réunion avec les parlementaires du parti consacrée à la présentation du Plan d’action du gouvernement, a vertement tancé, sans les nommer, Amar Benyounès et Louisa Hanoune.

Au premier, il a affirmé ceci : «A ceux qui demandent la dissolution de l’APN, nous disons que l’Assemblée se porte bien et que le groupe parlementaire du FLN est solidaire et fort», a-t-il répliqué. Il considère que «contester les voix du peuple est une indiscipline politique (…) Le FLN, a-t-il dit, tient à l’Assemblée qu’il dirige et dans laquelle il est majoritaire. Et c’est grâce à cette majorité que le programme du président sera appliqué et nos députés continueront de légiférer pour l’intérêt du pays et de ses institutions.» A l’attention de Mme Hanoune, il a lâché ces mots excédés : «Il faut en finir avec cette pratique qui consiste à dire « le président m’a dit »», « j’ai vu le président »…A ceux qui parlent au nom du président, je dis que le président ne vous appartient pas. Il est le président de tous les Algériens»

Qui a tort ? Qui a raison ? Tout le monde !

Il est à craindre que tous ces lieutenants n’aient accès qu’à une partie du plan conçu par Bouteflika. Ce dernier avance par petites touches, sans jamais se « mouiller », et fait semer les rumeurs pour récolter des réactions précieuses qui l’aident à ajuster sa démarche. Il est établi qu’à terme, le FLN perdra son statut de parti-Etat majoritaire (ce qui ne réjouit pas Saâdani) et que le FIS retrouvera une place dans le futur hémycycle (ce qui ne réjouit pas Amara Benyounès). Mais chut, il ne faut rien leur dire pour l’instant. Ils auront tout le temps d’avaler leurs chapeaux.

L.M.

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