Le Matin d'Algérie

Le Huffington Post : "Mohamed Benchicou marque la campagne de la Présidentielle d'avril 2014"

La Présidentielle algérienne n’a pas été qu’une occasion pour les débats politiques. C’était aussi une opportunité pour des écrivains algériens de signer de leurs noms une opposition au quatrième mandat de Abdelaziz Bouteflika. Mohamed Benchicou, l’ancien directeur du journal Le Matin en fait partie. En signant son dernier opus, Benchicou a voulu marquer, une nouvelle fois, son opposition à un pouvoir agonisant et qui veut se maintenir coûte que coûte. Une fiction, confesse-t-il, qui n’a aucune prétention littéraire.

Benchicou le téméraire

Journaliste, ancien patron d’un journal réduit au silence, Mohamed Benchicou a déjà payé un lourd tribut pour s’être opposé dès 2001 au mode de gouvernance du Président Abdelaziz Bouteflika. L’ancien directeur du Matin, a été condamné en même temps que son journal, en juin 2004, . A travers « La Mission », titre de de l’ouvrage en question, Benchicou se range du côté de ceux qui ont rejeté le quatrième mandat et dénonce un coup de force politique.

Pour dénoncer le système, il choisit une gigantesque attaque terroriste comme point de départ de son intrigue. Un professeur du prestigieux King’s College de Londres, des Algériens lambdas et une immense affaire: Tiguentourine. A travers l’émérite maitre de conférences au département du War studies, Mohamed Benchicou a voulu dire que la Présidentielle s’était déjà jouée un an plus tôt. Tiguentourine, ce petit patelin perdu d’In Amenas, cet immense champ gazier n’a pas été que le théâtre d’une spectaculaire prise d’otage, c’était surtout l’enjeu de la survie du régime.

Une intrigue intrigante

Régime algérien et forces étrangères y joue des intérêts beaucoup plus grand que la production gazière du site lui même. Benchicou a-t-il voulu faire de la politique à travers la littérature ? Peut-être, répond-il. Toute prétention écartée, il en dit lui-même, « ce ne sera pas forcément l’œuvre marquante sur cette époque. C’est juste une œuvre qui aura accompagné l’époque. La valeur de l’ouvrage réside, ici, moins dans la profondeur littéraire que dans sa disponibilité. D’autres écriront sur cette époque des romans plus aboutis. Je tenais à ce que l’ouvrage paraisse durant la campagne électorale en Algérie, qu’il contribue à l’effervescence du débat et que, en même temps, il en bénéficie. Cela dit, mes louables intentions ne m’exonèrent en rien des reproches que pourraient formuler à mon endroit les partisans de la tradition littéraire. Ils pourraient, à cet égard, invoquer Gide qui a dit que ‘C’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise littérature. »

« (…) La Mission n’entre pas dans le catalogue des créations purement littéraires. Je sais ce qui lui manque à cet égard, dans la structuration et dans la réflexion. Mais je n’avais pas envisagé d’écrire autre chose que ce que j’ai écrit: j’ai voulu seulement participer à un combat que menaient, à ce moment là, des femmes et des hommes de mon pays contre une autocratie qui se reconduisait avec arrogance à la tête d’un pays qui n’en voulait plus ». C’est la seule ambition de ce livre. Objectif atteint.

Ghada Hamrouche – Huffington Post

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