Le Matin d'Algérie

Algérie : Kouchner s’explique avec Bouteflika

Le ministre français des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner a été reçu lundi par le président Abdelaziz Bouteflika avec lequel il a abordé les points de discorde entre les deux pays et principalement la présentation du projet d’Union pour la Méditerranée (UPM).

« Je viens discuter du Liban et de la situation dans ce pays qui n’est pas simple et aussi de notre sujet positif, à savoir l’Union pour la Méditerranée, avec le président Abdelaziz Bouteflika, le chef du gouvernement et le ministre des Affaires étrangères », a déclaré M. Kouchner à l’aéroport international Houari Boumédiène.

M. Kouchner a été accueilli à l’aéroport par le ministre algérien des Affaires étrangère Mourad Medelci, avec lequel il a eu un premier entretien avant d’être reçu par le président Abdelaziz Bouteflika et le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem. »Je viens dans un milieu fraternel », a-t-il souligné. Cette visite sera l’occasion de « discuter entre gens qui se disent la vérité et qui ont des intérêts communs ».

Selon la presse, l’Algérie chercherait à obtenir des éclaircissements sur le projet, qui doit être lancé officiellement le 13 juillet au cours d’un sommet des candidats à l’UPM, par le président français Nicolas Sarkozy immédiatement après sa prise de fonction en tant que président de l’Union européenne.

« Les entretiens de M. Kouchner à Alger visent d’abord à vaincre les réticences algériennes », écrit Al Watan (indépendant). « Pari difficile pour l’ex-French Doctor qui aura du mal à convaincre le partenaire algérien », souligne-t-il. « La politique pro-israélienne du président français Nicolas Sarkozy et la politique de va-t-en guerre contre l’Iran et la Syrie de son ministre des Affaires étrangères ont refroidi nombre de pays arabes de la rive sud de la Méditerranée et risque grandement de compromettre le projet de l’UPM », ajoute le quotidien algérien.

Selon Djazair News (indépendant), l’Algérie poserait « trois conditions » à son adhésion à l’UPM: « la reconnaissance par la France de ses crimes contre l’humanité lors de sa présence en Algérie de 1830 à 1962, une solution équitable et définitive du conflit du Sahara occidental et une solution juste de la question palestinienne, car il n’est pas logique qu’Israël participe à ce projet (UPM), alors qu’elle est la source des problèmes au Proche-Orient ». Dans un entretien accordé dimanche à l’Agence de presse algérienne APS Bernard Kouchner avait indiqué que l’Algérie faisait partie des « partenaires majeurs sur lesquels (la France) compte beaucoup » pour participer à l’UPM. « Nous sommes très attachés à la réussite de ce projet, qui sera au coeur de la présidence française de l’Union européenne, à partir du 1er juillet prochain », avait-il dit. Le ministre français doit regagner Paris en milieu d’après-midi.

L.M. (Avec agences)

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